
Obtenez le paiement de vos congés payés BTP après votre fin de contrat
Comment faire une demande paiement congés payés BTP fin de contrat 2026. Calcul de l'indemnité, délais, procédure et recours en cas de litige avec l'employeur.

En fin de contrat BTP, le salarié ne réclame pas ses congés payés à son employeur mais à la caisse CIBTP dont celui-ci relève. La demande s'effectue via l'espace sécurisé salarié ou l'application CIBTP Moi, obligatoire pour transmettre son RIB depuis le 1er octobre 2026 (source : CIBTP Grand Est, juillet 2026). L'indemnité inclut une majoration de 11,50 % propre au régime BTP (source : village-justice.com, juin 2026).
Le paiement des congés payés en fin de contrat dans le BTP obéit à un circuit particulier : ce n'est pas l'employeur qui verse l'indemnité, mais la caisse CIBTP à laquelle il est affilié. Ce mécanisme dérogatoire, prévu par le Code du travail, surprend beaucoup de salariés qui, en pratique, adressent leur demande au mauvais interlocuteur et perdent un temps précieux. Voici comment obtenir votre paiement, selon que votre contrat s'achève avant ou après le 31 mars 2026, date pivot de la campagne annuelle.
Pourquoi le BTP fonctionne avec une caisse de congés payés, pas l'employeur
Dans le BTP, le paiement des congés payés ne transite jamais par l'employeur. Les entreprises du secteur sont tenues de s'affilier à une caisse de congés payés : la CIBTP : qui mutualise la gestion et le versement des indemnités. Ce dispositif, unique en France, trouve son fondement à l'article L. 3141-32 du Code du travail.
La logique est simple. Les salariés du bâtiment et des travaux publics changent fréquemment d'employeur au gré des chantiers. Sans cette caisse mutualisée, le suivi des droits à congés serait chaotique. L'employeur verse chaque mois des cotisations à la CIBTP, proportionnelles à la masse salariale. La caisse, elle, assure la continuité des droits : elle comptabilise les jours acquis et les indemnise au moment de la prise effective des congés ou de la rupture du contrat.
📌 Important : les articles D3141-9 à D3141-14 du Code du travail encadrent le fonctionnement des caisses de congés payés. L'employeur doit notamment remettre au salarié un certificat en double exemplaire, document indispensable pour percevoir l'indemnité auprès de la caisse.
Cette architecture explique un point crucial : en fin de contrat, le salarié ne réclame rien à son employeur au titre des congés payés non pris. La seule exception concerne l'indemnité compensatrice de préavis, qui reste à la charge directe de l'employeur.
Le régime dérogatoire du BTP : une obligation légale
L'article L. 3141-32 du Code du travail impose aux employeurs des professions entrant dans le champ d'application d'une convention collective étendue du BTP de s'affilier à une caisse de congés payés. Ce n'est pas une option : tout employeur du secteur y est tenu, quel que soit son effectif. Cette obligation garantit au salarié la portabilité de ses droits d'une entreprise à l'autre. En contrepartie, l'employeur perd la maîtrise du paiement direct des congés : il cotise, la caisse indemnise.
Quelle caisse CIBTP est compétente pour votre dossier 2026 ?
La compétence territoriale de la caisse dépend du lieu d'activité de l'employeur. En 2026, le maillage CIBTP couvre tout le territoire : CIBTP Grand Est, CIBTP Île-de-France, CIBTP Centre, CIBTP Rhône-Alpes Auvergne, entre autres. Si vous changez d'employeur en cours de campagne mais restez dans la même région, la caisse reste identique. En revanche, un changement de région d'emploi peut entraîner un changement de caisse : point déterminant pour savoir à qui adresser votre demande de paiement.
Campagne 2026 : périodes d'acquisition et de prise de congés à connaître
La campagne de congés payés 2026 obéit à un calendrier précis, calé sur deux périodes distinctes. Comprendre ces dates est essentiel : c'est la date du 31 mars qui détermine quelle caisse est compétente pour vous payer.
La période d'acquisition des droits s'étend du 1er avril 2025 au 31 mars 2026 (source : CIBTP Centre / CIBTP IDF). Durant ces douze mois, chaque heure travaillée ouvre droit à des jours de congé. La période de prise, elle, court du 1er mai 2026 au 30 avril 2027 (source : CIBTP IDF). C'est pendant cette fenêtre que les congés acquis lors de la campagne précédente peuvent être posés et payés.
En cas de rupture du contrat de travail, pas besoin d'attendre l'ouverture de la période de prise : l'indemnité compensatrice est due immédiatement, pour l'ensemble des jours acquis et non encore pris.
Période de référence et période de prise : le tableau des dates clés
Voici les dates clés de la campagne 2026 à retenir :
- Période d'acquisition 2026 : du 1er avril 2025 au 31 mars 2026 : les jours se cumulent au fil des heures travaillées.
- Période de prise 2026-2027 : du 1er mai 2026 au 30 avril 2027 : les congés acquis pendant la campagne précédente sont à poser pendant cette fenêtre.
- Date pivot du 31 mars 2026 : elle détermine la caisse compétente pour le paiement. La caisse de l'employeur à cette date précise est celle qui verse l'indemnité, y compris pour des droits acquis antérieurement chez un autre employeur.
Cette date pivot a une conséquence pratique immédiate : si votre contrat s'achève avant le 31 mars 2026, la caisse à saisir est celle de votre dernier employeur connu à la date de rupture. Si votre contrat s'achève après le 31 mars 2026, c'est la caisse de l'employeur au 31 mars 2026 qui reste compétente : même si vous avez changé d'entreprise entre-temps.
Vous avez changé d'employeur en cours de campagne 2026 : qui paie ?
Les salariés du BTP changent fréquemment d'employeur. Lorsque ce changement intervient en cours de campagne, une question se pose : qui paie ? La règle est constante : la caisse de l'employeur au 31 mars 2026 est compétente pour régler l'intégralité des droits de la campagne.
Prenons un cas concret. Un maçon travaille chez l'entreprise A jusqu'en novembre 2025, puis chez l'entreprise B à partir de décembre 2025. Au 31 mars 2026, il est chez l'entreprise B. C'est la caisse CIBTP dont relève l'entreprise B qui lui versera l'indemnité compensatrice de l'ensemble de la campagne 2026 : y compris les jours acquis chez l'entreprise A. Avant toute demande de règlement, le salarié doit toutefois adresser à la caisse compétente l'ensemble des certificats de congés payés remis par ses différents employeurs de la campagne (source : CIBTP Centre).
Comment demander le paiement de vos congés payés BTP après la fin de votre contrat
La procédure de demande d'indemnisation repose sur deux piliers : le certificat de congés payés remis par l'employeur et la transmission du RIB via les canaux dédiés. Depuis le 1er octobre 2026, la dématérialisation est devenue la norme.
L'employeur doit remettre au salarié, à la date de rupture du contrat, un certificat de congés payés en double exemplaire (article D3141-9 du Code du travail). Ce document mentionne le nombre de jours acquis, la période de référence et les salaires ayant servi au calcul des droits. Sans ce certificat, la caisse ne peut instruire le dossier. Si l'employeur tarde à le fournir, un courrier recommandé de mise en demeure s'impose rapidement.
Le certificat de congés payés : document obligatoire remis par l'employeur
L'article D3141-9 du Code du travail est formel : « L'employeur remet au salarié, avant son départ en congé ou à la date de rupture de son contrat, un certificat en double exemplaire qui permet à ce dernier d'obtenir le paiement de ses indemnités de congé par la caisse. » Ce certificat détaille le nombre de jours de congé acquis, le montant des salaires perçus pendant la période de référence et l'identification de la caisse compétente.
L'erreur classique consiste à quitter l'entreprise sans ce document. Le salarié se retrouve alors bloqué : la caisse CIBTP ne peut pas traiter sa demande tant qu'elle n'a pas reçu le certificat, et l'ancien employeur, parfois peu réactif, ne le transmet pas spontanément. La conséquence est un retard de plusieurs semaines, voire plusieurs mois, dans le versement de l'indemnité.
Étapes de la demande auprès de la caisse CIBTP
La demande d'indemnisation suit un cheminement précis en quatre étapes :
- Récupérer le certificat de congés payés auprès de l'employeur, le jour de la rupture du contrat ou dans les jours qui suivent. Vérifier que toutes les périodes travaillées dans le BTP pendant la campagne y figurent.
- Transmettre son RIB exclusivement via l'espace sécurisé salarié sur le site de la caisse compétente, ou via l'application CIBTP Moi. Depuis le 1er octobre 2026, ces canaux sont les seuls acceptés pour renseigner ou modifier les coordonnées bancaires (source : CIBTP Grand Est, juillet 2026).
- Adresser le formulaire de demande d'indemnité compensatrice accompagné du certificat de congés payés et, le cas échéant, des justificatifs de fin de contrat (attestation Pôle emploi, solde de tout compte).
- Suivre l'avancement du dossier dans l'espace sécurisé. La caisse émet une attestation de paiement, accessible pendant trois ans, qui permet de justifier du versement auprès de Pôle emploi ou d'un nouvel employeur.
Le délai de traitement varie selon les caisses. En pratique, il oscille entre deux et six semaines après réception du dossier complet.
Congés payés BTP Mon Compte et application CIBTP Moi : les bons canaux en 2026
Depuis le 1er octobre 2026, l'espace sécurisé salarié et l'application CIBTP Moi sont les canaux obligatoires pour renseigner ou modifier un RIB (source : CIBTP Grand Est). Cette bascule vers le tout-numérique vise à sécuriser les paiements et à réduire les délais de traitement.
Concrètement, le salarié crée un compte sur le site de sa caisse CIBTP régionale, renseigne son identité, son RIB et télécharge les justificatifs requis. Une fois le dossier validé, les échanges avec la caisse : demandes de pièces complémentaires, notification de paiement : transitent par cette interface. L'application mobile CIBTP Moi, disponible sur iOS et Android, offre les mêmes fonctionnalités avec l'avantage d'une notification en temps réel lors du virement de l'indemnité.
⚠️ Attention : un RIB transmis par courrier postal ou par email ne sera plus pris en compte après le 1er octobre 2026. Cette règle vaut pour toutes les caisses CIBTP du territoire.
Calcul de l'indemnité de congés payés BTP : méthode et chiffres clés
L'indemnité de congés payés dans le BTP obéit aux mêmes règles de calcul que le régime général : avec une spécificité propre aux caisses : la majoration de 11,50 %. Le Code du travail prévoit deux méthodes de calcul. La plus favorable au salarié s'applique.
La règle du dixième retient 10 % de la rémunération brute totale perçue pendant la période d'acquisition. La méthode du maintien de salaire calcule l'indemnité comme si le salarié avait travaillé pendant ses congés : elle rapporte le nombre de jours acquis au salaire qu'il aurait perçu en continuant à travailler. La caisse compare ces deux montants et verse le plus élevé.
À ces 10 % s'ajoute la majoration de 11,50 % spécifique aux salariés relevant d'une caisse de congés payés BTP (source : village-justice.com, 15 juin 2026). Cette majoration n'est pas un bonus automatique : elle compense les frais de gestion de la caisse et garantit au salarié un niveau d'indemnité au moins égal à celui qu'il percevrait dans le régime général où l'employeur paie directement.
La règle du dixième et la méthode du maintien de salaire
Deux méthodes coexistent. La règle du dixième est simple : l'indemnité totale s'élève à 10 % de la rémunération brute perçue pendant la période d'acquisition (source : village-justice.com, 21 mars 2025). La méthode du maintien de salaire, plus complexe, reconstitue le salaire théorique pendant la période de congé et le compare au dixième. C'est toujours le montant le plus élevé qui est retenu.
En pratique, pour les salariés ayant travaillé à temps plein sans variation notable de salaire, les deux méthodes donnent un résultat proche. La différence se creuse en revanche pour les salariés ayant connu des périodes de chômage partiel, des heures supplémentaires importantes ou des variations de taux horaire au cours de la période d'acquisition.
La majoration de 11,50 % spécifique aux caisses BTP : exemple chiffré
Prenons un cas concret. Un ouvrier du bâtiment a perçu 22 000 € de salaire brut pendant la période d'acquisition (1er avril 2025 – 31 mars 2026). Il a acquis 30 jours de congés payés.
- Règle du dixième : 22 000 € × 10 % = 2 200 € d'indemnité de base.
- Majoration CIBTP : 2 200 € × 11,50 % = 253 € supplémentaires.
- Indemnité totale versée : 2 453 €.
Ce mécanisme garantit que le salarié BTP perçoit une indemnité majorée par rapport au régime général. La majoration de 11,50 % est directement intégrée dans le calcul de la caisse, sans démarche supplémentaire du salarié. Attention toutefois : cette majoration s'applique uniquement aux salariés dont l'employeur est affilié à une caisse de congés payés : ce qui couvre l'essentiel du secteur BTP mais exclut certaines professions connexes non conventionnées.
Simulateur et calcul congés payés CIBTP : comment l'utiliser
Plusieurs caisses CIBTP proposent un simulateur en ligne accessible depuis l'espace sécurisé salarié. Il permet d'estimer le montant de l'indemnité compensatrice à partir des salaires déclarés par l'employeur pendant la période d'acquisition.
Le simulateur officiel ne se substitue pas au calcul définitif de la caisse. Il donne une projection fiable, sous réserve que l'ensemble des salaires aient été déclarés. En cas d'écart entre le montant estimé et le montant versé, le salarié peut demander le détail du calcul à la caisse compétente. Les coordonnées de chaque caisse régionale figurent sur le site cibtp.com, rubrique « Congés payés BTP Contact ».
Délai de paiement des congés payés BTP et recours en cas de défaillance de l'employeur
Le paiement intervient dans un délai qui varie selon les caisses, généralement compris entre deux et six semaines après dépôt du dossier complet. Ce délai n'est pas fixé par un texte légal unique mais résulte des pratiques de chaque caisse régionale. La transmission du RIB via les canaux numériques obligatoires depuis le 1er octobre 2026 a pour objectif de réduire ces délais.
L'erreur la plus fréquente : et la plus coûteuse en temps : consiste à réclamer le paiement des congés payés directement à l'employeur. La Cour d'appel de Limoges (RG n°25/00310) a rappelé ce principe avec netteté : le salarié qui saisit l'employeur plutôt que la caisse CIBTP est débouté de sa demande. Le juge enjoint au salarié de contacter la caisse des congés payés du bâtiment pour obtenir le paiement de ses jours de congés.
Cette confusion est compréhensible. Dans tous les autres secteurs, l'employeur verse l'indemnité compensatrice de congés payés directement au salarié. Dans le BTP, le rôle de l'employeur se limite à la remise du certificat et au versement des cotisations à la caisse. Ignorer cette spécificité conduit à des procédures judiciaires inutiles.
Délai paiement congés payés BTP : ce que dit le Code du travail
Aucun texte ne fixe un délai légal unique de paiement applicable à toutes les caisses CIBTP. Les délais observés en pratique se situent entre deux et six semaines à compter de la réception du dossier complet. Pour accélérer le traitement, deux précautions sont utiles : transmettre le RIB exclusivement via l'espace sécurisé ou CIBTP Moi, et s'assurer que l'employeur a bien adressé le certificat de congés payés à la caisse.
Si le délai excède deux mois sans réponse, un courrier recommandé à la caisse, rappelant la date de dépôt et les pièces transmises, constitue la première relance efficace. La plupart des caisses disposent d'un service dédié accessible par téléphone (coordonnées disponibles sur cibtp.com, rubrique « Congés payés BTP Contact »).
Défaillance de l'employeur : la caisse CIBTP prend le relais
Que se passe-t-il si l'employeur n'a pas payé ses cotisations à la CIBTP ? La réponse a été clarifiée par un arrêt récent de la Cour de cassation. La Chambre sociale, dans une décision du 25 mars 2026, énonce que « en cas de défaillance de l'employeur dans le paiement des cotisations, la caisse verse l'indemnité de congés payés à due proportion des périodes couvertes ». Autrement dit, le salarié ne subit pas les manquements de son employeur : la caisse paie les droits correspondant aux périodes travaillées pour lesquelles des cotisations étaient dues, même si elles n'ont pas été effectivement versées.
Cette garantie est fondamentale. Elle protège le salarié contre les employeurs défaillants et distingue nettement le régime BTP du droit commun, où le salarié d'un employeur insolvable doit se retourner contre l'AGS (garantie des salaires) pour obtenir son indemnité de congés payés.
Recours si la caisse ou l'employeur ne paient pas
Deux hypothèses distinctes appellent des recours différents. Si la caisse CIBTP ne paie pas dans un délai raisonnable (au-delà de deux mois), le salarié adresse une réclamation écrite à la caisse, doublée d'un signalement à l'inspection du travail si l'absence de réponse persiste. Le conseil de prud'hommes est compétent en dernier ressort.
Si l'employeur refuse de remettre le certificat de congés payés, le salarié doit le mettre en demeure par courrier recommandé avec accusé de réception. L'article D3141-9 du Code du travail impose cette remise : le refus de l'employeur constitue un manquement à ses obligations. La saisine du conseil de prud'hommes en référé peut alors être envisagée pour obtenir le document sous astreinte.
⚠️ Attention : avant toute saisine des prud'hommes, épuisez d'abord les recours amiables auprès de la caisse CIBTP compétente. La Cour de cassation rappelle régulièrement que la caisse est le débiteur principal de l'indemnité dans le régime BTP.
Cas particuliers : licenciement, départ en retraite et arrêt maladie
Le paiement des congés payés BTP obéit à des règles spécifiques dans trois situations qui concentrent l'essentiel des interrogations des salariés : le licenciement, le départ en retraite et l'arrêt maladie. Ces cas particuliers modulent le calendrier et les modalités de versement.
Quelle que soit la cause de la rupture, l'indemnité compensatrice de congés payés est due pour l'ensemble des jours acquis et non pris. Le régime BTP ne déroge pas à ce principe posé par l'article L. 3141-28 du Code du travail. La caisse CIBTP reste le payeur dans tous les cas de figure.
Congés payés BTP et licenciement : l'indemnité compensatrice
Le licenciement ne modifie pas le circuit de paiement : la caisse CIBTP verse l'indemnité compensatrice des congés payés acquis et non pris. La demande suit la procédure standard décrite plus haut : certificat de congés payés, RIB via l'espace sécurisé, formulaire de demande.
L'indemnité compensatrice de congés payés se cumule avec les autres indemnités de rupture (indemnité légale ou conventionnelle de licenciement, indemnité compensatrice de préavis) qui, elles, restent à la charge directe de l'employeur. Pour les salariés qui s'interrogent sur la prise en compte de cette indemnité dans le calcul de leurs droits au chômage, les sommes versées par la caisse CIBTP sont exclues de l'assiette de calcul du salaire journalier de référence (SJR) servant à déterminer l'allocation de retour à l'emploi.
Cet aspect est parfois mal anticipé : l'indemnité versée par la caisse CIBTP, bien que correspondant à du salaire différé, ne gonfle pas le SJR et n'augmente donc pas le montant de l'ARE.
Congés payés BTP et départ en retraite : comment liquider vos droits
Le départ en retraite constitue une rupture du contrat de travail qui ouvre droit à l'indemnité compensatrice de congés payés dans les mêmes conditions qu'un licenciement ou une démission. Le salarié doit transmettre à la caisse CIBTP compétente son certificat de congés payés et son RIB.
La spécificité tient au calendrier de liquidation des droits. Le salarié qui part en retraite en cours de campagne perçoit l'indemnité correspondant à la période d'acquisition en cours, proratisée en fonction de la date de départ. S'il quitte son emploi avant le 31 mars 2026, la caisse compétente est celle de son dernier employeur. S'il le quitte après, la caisse de l'employeur au 31 mars 2026 règle l'intégralité de la campagne.
Aucune particularité liée aux droits aux congés en cas de suspension du contrat de travail ne vient modifier ce mécanisme : la caisse reste le payeur exclusif, y compris pour les périodes de suspension du contrat antérieures au départ en retraite.
Arrêt maladie et acquisition de congés payés BTP depuis 2024
Depuis la réforme issue de la loi du 22 avril 2024, les périodes d'arrêt maladie sont assimilées à du temps de travail effectif pour l'acquisition des droits à congés payés. Ce principe, consacré par trois arrêts de la Cour de cassation du 13 septembre 2023 puis inscrit dans la loi, bénéficie aux salariés du BTP comme à ceux du régime général.
Pour les contrats rompus avant le 24 avril 2024, le salarié peut uniquement demander le versement d'une indemnité compensatrice (source : actu-juridique.fr, juin 2024). Pour les contrats rompus après cette date, les jours acquis pendant les arrêts maladie doivent être intégrés au certificat de congés payés remis par l'employeur. La caisse CIBTP les indemnise dans les mêmes conditions que les jours acquis par le travail effectif, majoration de 11,50 % incluse.
Le salarié qui constate que ses périodes d'arrêt maladie n'ont pas été prises en compte doit le signaler à son employeur avant la remise du certificat, puis à la caisse CIBTP lors du dépôt de sa demande d'indemnisation.
Points clés
- Dans le BTP, la caisse CIBTP paie les congés payés, jamais l'employeur. Adresser sa demande au mauvais interlocuteur entraîne un débouté (CA Limoges, RG n°25/00310).
- Le 31 mars 2026 est la date pivot : la caisse de l'employeur à cette date précise règle l'intégralité des droits de la campagne, même en cas de changement d'employeur.
- Depuis le 1er octobre 2026, le RIB se transmet exclusivement via l'espace sécurisé salarié ou l'application CIBTP Moi : un courrier postal ne suffit plus.
- L'indemnité inclut une majoration de 11,50 % propre au régime BTP, garantissant un niveau d'indemnité supérieur à celui du régime général.
- En cas de défaillance de l'employeur dans le paiement des cotisations, la caisse verse malgré tout l'indemnité à due proportion des périodes couvertes (Cour de cassation, 25 mars 2026).
Sources
Fiche pratique
| Textes de référence | Art. L. 3141-32, D3141-9 à D3141-14, L. 3141-28 du Code du travail |
| Caisse compétente | CIBTP de l'employeur au 31 mars 2026 (date pivot de la campagne) |
| Document obligatoire | Certificat de congés payés en double exemplaire (art. D3141-9) |
| Canaux de transmission du RIB (depuis le 1er octobre 2026) | Espace sécurisé salarié CIBTP / Application CIBTP Moi (iOS et Android) |
| Taux de l'indemnité | 10 % de la rémunération brute (règle du dixième) ou maintien de salaire (le plus favorable) + majoration 11,50 % |
| Délai indicatif de paiement | 2 à 6 semaines après dépôt du dossier complet |
| Recours en cas de non-paiement | Réclamation écrite à la caisse → Inspection du travail → Conseil de prud'hommes |
| Contact | Coordonnées des caisses régionales sur cibtp.com, rubrique « Congés payés BTP Contact » |
Ces éléments sont d'ordre général et ne sauraient remplacer une consultation juridique. Pour un cas précis, adressez-vous à un avocat ou à un professionnel du droit.
Questions pratiques
Comment récupérer ses congés payés BTP après fin de contrat ?
Après la fin de votre contrat BTP, adressez-vous à la caisse CIBTP dont relève votre employeur au 31 mars 2026 : et non à votre employeur directement. Récupérez d'abord le certificat de congés payés remis par l'employeur (obligatoire selon l'article D3141-9 du Code du travail), puis transmettez votre RIB via l'espace sécurisé salarié ou l'application CIBTP Moi (seuls canaux acceptés depuis le 1er octobre 2026). Déposez ensuite le formulaire de demande d'indemnité compensatrice avec les justificatifs requis. Le paiement intervient généralement sous 2 à 6 semaines.
Comment rédiger une lettre de demande de paiement de congés payés pour la campagne 2026 auprès du CIBTP ?
La lettre de demande doit mentionner votre identité complète, votre numéro de matricule CIBTP (figurant sur le certificat de congés payés), les dates de début et de fin de contrat, le nom de l'employeur affilié, et le nombre de jours de congés acquis pendant la campagne 2026. Joignez impérativement le certificat de congés payés en double exemplaire, une copie de l'attestation Pôle emploi ou du solde de tout compte, et un RIB : sachant que depuis le 1er octobre 2026, le RIB doit impérativement être transmis via l'espace sécurisé en ligne, le courrier papier ne suffisant plus pour cette pièce.
Comment demander le paiement des congés CIBTP ?
La demande de paiement des congés CIBTP s'effectue en trois temps. Premièrement, récupérez le certificat de congés payés auprès de votre employeur. Deuxièmement, créez un compte sur l'espace sécurisé salarié du site de votre caisse CIBTP régionale ou téléchargez l'application CIBTP Moi pour y renseigner votre RIB (obligatoire depuis le 1er octobre 2026). Troisièmement, transmettez le formulaire de demande d'indemnité compensatrice accompagné des justificatifs. La caisse verse l'indemnité, majorée de 11,50 %, quel que soit le motif de rupture du contrat.
Comment puis-je demander le paiement de mes congés payés BTP après un licenciement ?
Après un licenciement, la procédure est identique à celle de toute fin de contrat BTP. La caisse CIBTP : et non l'employeur : verse l'indemnité compensatrice de congés payés. Récupérez votre certificat de congés payés, transmettez votre RIB via l'espace sécurisé salarié ou CIBTP Moi, et déposez votre demande d'indemnisation. L'indemnité compensatrice de congés payés se cumule avec l'indemnité de licenciement et l'indemnité de préavis, ces deux dernières restant à la charge directe de l'employeur. Les sommes versées par la caisse CIBTP sont exclues du calcul du salaire journalier de référence pour l'ARE.
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