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Rupture conventionnelle en 2026 : toutes les nouveautés à connaître avant

Rupture conventionnelle en 2026 : forfait social, homologation, indemnité, droits au chômage. Ce guide juridique fait le point sur toutes les évolutions

Charlotte BoyerCharlotte Boyer 18 min de lecture

En 2026, la rupture conventionnelle conserve ses principes fondamentaux (commun accord, indemnité minimale, droit au chômage). Les principales nouveautés concernent la généralisation de la procédure en ligne via TeleRC, l'impact de la revalorisation du SMIC sur le calcul de l'indemnité, et une vigilance accrue sur le régime social et fiscal de cette dernière.

Les principes de la rupture conventionnelle en 2026 demeurent fondés sur le commun accord entre l'employeur et le salarié, mais plusieurs évolutions et points de vigilance méritent une attention particulière. Si le cadre général fixé par le Code du travail reste stable, des changements concernant la dématérialisation des démarches, le régime social de l'indemnité et les délais administratifs se précisent. Comprendre ces nouveautés est essentiel pour sécuriser la procédure et optimiser ses droits, que l'on soit salarié ou employeur. Ce guide détaille ce qui change concrètement cette année.

En bref

  • La rupture conventionnelle reste une procédure de rupture amiable du CDI, distincte de la démission et du licenciement.
  • La plateforme TeleRC est de plus en plus centrale pour la transmission des demandes d'homologation à la DREETS.
  • L'indemnité minimale est mécaniquement revalorisée par l'augmentation du SMIC au 1er janvier 2026.
  • Le respect du délai de rétractation de 15 jours calendaires demeure une condition de validité absolue de la convention.
  • Une rupture conventionnelle homologuée ouvre droit aux allocations chômage (ARE) dans les mêmes conditions qu'un licenciement.

Rupture conventionnelle en 2026 : rappel des fondamentaux

La rupture conventionnelle, régie par les articles L.1237-11 et suivants du Code du travail, reste en 2026 le seul mode de rupture du contrat de travail à durée indéterminée (CDI) d'un commun accord entre le salarié et l'employeur. Ce dispositif conserve sa nature fondamentale : il ne s'agit ni d'une démission, qui priverait le salarié des allocations chômage, ni d'un licenciement, qui est une décision unilatérale de l'employeur. La procédure exige un ou plusieurs entretiens pour convenir des conditions de la rupture, la signature d'une convention et son homologation par l'administration pour devenir effective.

Il est crucial de distinguer la rupture conventionnelle individuelle, qui concerne un seul salarié, de la rupture conventionnelle collective (RCC). La RCC est un dispositif autonome qui permet de prévoir des départs volontaires dans le cadre d'un accord collectif, sans motif économique. Elle suit une procédure propre et n'est pas soumise aux mêmes règles que la rupture individuelle, notamment en matière d'homologation par la DREETS (Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités). La suite de cet article se concentre exclusivement sur les nouveautés de la rupture conventionnelle individuelle.

Ce que la loi prévoit toujours en 2026

Le socle de la rupture conventionnelle ne change pas. Les garanties pour le salarié sont maintenues :

  • Consentement libre et éclairé : La rupture ne peut être imposée. Toute pression ou vice du consentement peut entraîner sa nullité.
  • Assistance des parties : Le salarié peut se faire assister par un représentant du personnel ou un conseiller du salarié. L'employeur peut être assisté par un membre de son entreprise ou de son organisation syndicale d'employeurs.
  • Indemnité spécifique de rupture : Son montant ne peut être inférieur à celui de l'indemnité légale de licenciement.
  • Délai de rétractation : Un délai incompressible de 15 jours calendaires après la signature est accordé à chaque partie pour revenir sur sa décision.
  • Homologation administrative : La DREETS dispose d'un délai de 15 jours ouvrables pour vérifier la validité de la convention. Son silence vaut acceptation.
  • Droit au chômage : La rupture homologuée ouvre droit à l'Allocation d'Aide au Retour à l'Emploi (ARE) pour le salarié qui remplit les conditions d'affiliation.

Rupture individuelle vs rupture collective : rappel de la distinction

Il est primordial de ne pas confondre la rupture conventionnelle individuelle et la rupture conventionnelle collective (RCC).

  • La rupture individuelle est négociée directement entre un employeur et un salarié. Elle est formalisée par le formulaire Cerfa n°14598*01 ou via le téléservice TeleRC et soumise à l'homologation de la DREETS. C'est le cas le plus fréquent, qui fait l'objet de cet article.
  • La rupture collective (RCC) est mise en place par un accord collectif d'entreprise validé par la DREETS. Elle définit un cadre pour des départs volontaires, en fixant le nombre maximal de départs, les conditions d'éligibilité des salariés et les modalités de calcul des indemnités. Le salarié qui se porte candidat à la RCC n'a pas de négociation individuelle sur le principe de la rupture, seulement sur son acceptation des conditions de l'accord.

Cette distinction est essentielle car les procédures, les garanties et les recours ne sont pas les mêmes. La définition et cadre légal de la rupture conventionnelle individuelle est beaucoup plus souple.

Ainsi, pour bien comprendre ce dispositif, il est utile de savoir quelles sont les conditions pour bénéficier d'une rupture conventionnelle en 2026.

Ce qui a évolué (ou pourrait évoluer) en 2026 : le tour d'horizon

Plusieurs points évoluent ou appellent une vigilance accrue en 2026, modifiant la pratique de la rupture conventionnelle sans en bouleverser les fondements. Ces changements concernent principalement la procédure administrative, le coût pour l'employeur et le calcul des indemnités pour le salarié. Alors que certains ajustements sont déjà en place, d'autres sont encore à l'état de projet ou de discussion, ce qui impose une certaine prudence. Le maître-mot est de se référer aux textes officiels en vigueur au moment précis de l'engagement de la procédure, car la réglementation sociale et fiscale est susceptible d'évoluer rapidement. Les entreprises et les salariés ont tout intérêt à se tenir informés des dernières publications pour éviter les mauvaises surprises, notamment en ce qui concerne le traitement des indemnités versées.

La dématérialisation TeleRC : où en est-on en 2026 ?

Le téléservice TeleRC, permettant de remplir et de transmettre la demande d'homologation en ligne, est devenu l'outil quasi-systématique en 2026. Bien que le formulaire Cerfa papier reste techniquement possible, l'administration incite fortement à utiliser la voie dématérialisée. Cette plateforme vise à sécuriser la procédure en guidant l'utilisateur et en effectuant des contrôles de cohérence automatiques, notamment sur le calcul de l'indemnité minimale ou le respect des délais. En pratique, la plupart des DREETS traitent en priorité les dossiers soumis via TeleRC. Pour 2026, il est donc fortement recommandé d'utiliser ce service pour garantir un traitement plus rapide et réduire le risque d'erreurs matérielles qui pourraient retarder ou invalider la demande d'homologation. Il convient de vérifier si la DREETS compétente n'a pas rendu son usage obligatoire dans les faits.

Forfait social et cotisations sur l'indemnité : point de vigilance

Le régime social et fiscal de l'indemnité de rupture est un point technique mais crucial. En 2026, l'indemnité est exonérée de cotisations sociales, de CSG et de CRDS dans une certaine limite, calquée sur le régime de l'indemnité de licenciement. Cependant, l'employeur reste redevable d'une contribution spécifique, le forfait social, sur la partie de l'indemnité exonérée de cotisations. Des discussions sur une éventuelle uniformisation ou modification de ce régime sont régulièrement évoquées. Il est donc impératif, avant de finaliser la convention, de vérifier le taux et l'assiette exacts du forfait social applicable. Une erreur de calcul peut entraîner un redressement de l'URSSAF. Pour le salarié, l'indemnité est exonérée d'impôt sur le revenu dans les limites fixées par la loi. Toute modification de ces plafonds aurait un impact direct sur le montant net perçu.

L'impact de la revalorisation du SMIC sur l'indemnité minimale

L'indemnité minimale de rupture conventionnelle est au moins égale à l'indemnité légale de licenciement. Son calcul se base sur le salaire de référence du salarié et son ancienneté. La formule est d'un quart de mois de salaire par année d'ancienneté pour les dix premières années, puis d'un tiers de mois par année au-delà. La revalorisation annuelle du SMIC, qui s'établit à 1 867,06 € brut mensuel en 2026, a un impact direct pour les salariés rémunérés au salaire minimum. Leur salaire de référence augmentant, le montant plancher de leur indemnité de rupture augmente mécaniquement. Cet effet est également visible pour les salariés dont la rémunération est indexée sur le SMIC. Les simulateurs en ligne doivent donc être mis à jour avec la valeur du SMIC en vigueur pour fournir une estimation correcte.

Délais d'homologation par la DREETS : ce qui peut changer

Le délai légal d'instruction d'une demande d'homologation par la DREETS est de 15 jours ouvrables à compter de la réception de la demande complète. Passé ce délai, le silence de l'administration vaut acceptation (homologation tacite). En 2026, avec la généralisation de TeleRC, les délais de traitement se sont fluidifiés. Toutefois, une augmentation du volume de demandes ou des réorganisations internes au sein des DREETS pourraient ponctuellement allonger les délais de réponse explicite. Il reste prudent de ne pas fixer une date de rupture trop proche de la fin du délai d'homologation théorique. Une demande incomplète ou erronée via TeleRC peut aussi entraîner un refus rapide, obligeant les parties à recommencer la procédure depuis le début, ce qui reporte d'autant la date de fin du contrat.

Cas pratique : simuler sa rupture conventionnelle en 2026 (scénario concret)

Pour illustrer concrètement le déroulement et les calculs d'une rupture conventionnelle, prenons un scénario type en 2026. Ce cas pratique est fourni à titre d'exemple et ne remplace en aucun cas une analyse personnalisée de votre situation, pour laquelle il est conseillé de consulter un avocat. Les chiffres et délais sont basés sur les dispositions légales et réglementaires connues au 2 octobre 2026.

Le scénario :

  • Salarié : Monsieur Martin, en CDI, non-cadre.
  • Ancienneté : 5 ans et 6 mois complets.
  • Salaire de référence (moyenne des 12 derniers mois de brut) : 2 500 €.
  • L'employeur et Monsieur Martin s'accordent sur le principe d'une rupture conventionnelle.

L'objectif est de déterminer le calendrier prévisionnel et de calculer le montant minimum de l'indemnité que l'employeur doit verser. Cette simulation permet de visualiser comment se passe concrètement une rupture conventionnelle en 2026.

Ce type de simulation est essentiel pour savoir comment obtenir une rupture conventionnelle dans les meilleures conditions.

Les étapes clés du calendrier

Le respect des délais est la clé de la validité de la procédure. Voici un calendrier type pour notre scénario :

  1. Entretien(s) préalable(s) : Lundi 7 octobre 2026. Les parties discutent et s'accordent sur les modalités (montant de l'indemnité, date de départ).
  2. Signature de la convention : Vendredi 11 octobre 2026. C'est le point de départ du délai de rétractation.
  3. Délai de rétractation : Du samedi 12 octobre au samedi 26 octobre 2026 inclus. Il s'agit de 15 jours calendaires. Chaque partie peut se rétracter durant cette période.
  4. Envoi de la demande d'homologation : Lundi 28 octobre 2026 (premier jour ouvrable après la fin du délai de rétractation). La demande est transmise à la DREETS via TeleRC.
  5. Délai d'homologation : Du mardi 29 octobre au jeudi 19 novembre 2026. La DREETS a 15 jours ouvrables pour se prononcer. Le décompte exclut les samedis, dimanches et jours fériés (ici le 1er et le 11 novembre).
  6. Date de rupture effective du contrat : Au plus tôt le vendredi 20 novembre 2026. Les parties ont fixé cette date dans la convention, qui doit être postérieure à la fin du délai d'homologation.

Comment calculer l'indemnité minimale : méthode pas à pas

L'indemnité spécifique de rupture conventionnelle ne peut être inférieure à l'indemnité légale de licenciement. Voici le calcul pour Monsieur Martin.

  • Formule légale :

    • 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans.
    • 1/3 de mois de salaire par année d'ancienneté au-delà de 10 ans.
  • Calcul pour les années complètes :

    • Ancienneté : 5 ans.
    • Taux applicable : 1/4.
    • Calcul : (2 500 € / 4) * 5 ans = 3 125 €.
  • Calcul pour les mois supplémentaires (proratisation) :

    • Ancienneté supplémentaire : 6 mois.
    • Calcul : (2 500 € / 4) * (6 mois / 12 mois) = 312,50 €.
  • Indemnité minimale totale :

    • Total : 3 125 € + 312,50 € = 3 437,50 €.

C'est le montant plancher que l'employeur doit verser. Les parties peuvent négocier une indemnité supérieure, dite "supra-légale", ce qui aura des conséquences sur le calcul du différé d'indemnisation chômage. Pour une vision complète, il peut être utile de comparer avec les autres modes de rupture, par exemple en analysant le duel licenciement ou rupture conventionnelle : que choisir en 2026.

Les erreurs courantes qui font invalider la rupture conventionnelle

La procédure de rupture conventionnelle est strictement encadrée pour protéger le consentement des deux parties. Plusieurs erreurs, souvent commises par méconnaissance des règles, peuvent mener à un refus d'homologation de la part de la DREETS, voire à une annulation par le conseil de prud'hommes. Une convention annulée est généralement requalifiée en licenciement sans cause réelle et sérieuse, ce qui expose l'employeur au versement de dommages et intérêts conséquents. Il est donc crucial pour l'employeur comme pour le salarié de connaître ces pièges pour les éviter et sécuriser la rupture du contrat de travail. La vigilance s'impose à chaque étape, de la convocation à l'entretien jusqu'à la transmission du dossier à l'administration. Le respect scrupuleux du formalisme n'est pas une option, c'est la condition de la validité de l'acte.

Signer pendant un arrêt maladie : que risque-t-on ?

Signer une rupture conventionnelle pendant un arrêt maladie est possible. La jurisprudence constante considère que l'état de santé du salarié ne fait pas obstacle à la conclusion d'une rupture amiable, même si l'arrêt est consécutif à un accident du travail ou une maladie professionnelle.

⚠️ Attention : Le risque principal est celui du vice du consentement. Si l'employeur profite de l'état de vulnérabilité psychologique ou physique du salarié pour lui imposer la rupture, celle-ci peut être annulée par les juges. De même, si la rupture vise à contourner les règles protectrices des salariés victimes de harcèlement moral ou de manquement de l'employeur à son obligation de sécurité, elle sera jugée nulle. La preuve d'un consentement libre et éclairé est donc essentielle.

Délai de rétractation : le piège le plus fréquent

L'oubli ou le mauvais calcul du délai de rétractation est l'une des erreurs les plus fréquentes et les plus fatales à la procédure. Après la signature de la convention, chaque partie dispose d'un délai de 15 jours calendaires pour se rétracter.

  • Point de départ : Le délai court à compter du lendemain du jour de la signature.
  • Calcul : Tous les jours du calendrier comptent (samedis, dimanches, jours fériés). Si le dernier jour tombe un week-end ou un jour férié, il est prorogé jusqu'au premier jour ouvrable suivant.
  • Formalisme : La rétractation doit être adressée par un moyen permettant de dater sa réception (lettre recommandée avec accusé de réception ou remise en main propre contre décharge). Un simple email ou appel téléphonique ne suffit pas.

L'envoi de la demande d'homologation à la DREETS avant l'expiration de ce délai entraîne systématiquement un refus d'homologation.

Formulaire Cerfa et dématérialisation : les erreurs de saisie qui bloquent

Avec la généralisation de la plateforme TeleRC, les erreurs de saisie sont devenues une cause majeure de blocage. Une simple coquille peut suffire à faire refuser le dossier. Les points de vigilance sont :

  • Les dates : Vérifier la cohérence entre la date de signature, la fin du délai de rétractation et la date de rupture envisagée.
  • Le salaire de référence : Une erreur dans le calcul de la moyenne des salaires bruts (sur 3 ou 12 mois selon ce qui est plus favorable) est un motif de refus si elle conduit à sous-estimer l'indemnité minimale.
  • L'ancienneté : Elle doit être calculée en années et mois complets à la date de rupture prévue.
  • L'indemnité : Le montant saisi doit être au moins égal au minimum légal calculé automatiquement par le système.

Toute incohérence détectée par la DREETS mènera à un refus d'homologation et obligera les parties à reprendre la procédure, ce qui reporte d'autant la fin effective du contrat. Il est donc essentiel de relire attentivement toutes les informations avant de soumettre le formulaire.

Droits au chômage après une rupture conventionnelle en 2026 : ce qui s'applique

L'un des principaux avantages de la rupture conventionnelle pour le salarié est son éligibilité à l'Allocation d'Aide au Retour à l'Emploi (ARE), gérée par France Travail (anciennement Pôle Emploi). Contrairement à une démission, la rupture conventionnelle est considérée comme une privation involontaire d'emploi, ouvrant ainsi les droits au chômage, sous réserve de remplir toutes les conditions requises. Cette garantie est un élément central de la négociation et de la décision du salarié d'accepter ce mode de rupture. Cependant, l'ouverture des droits n'est pas immédiate. Plusieurs délais de carence et différés d'indemnisation s'appliquent et peuvent reporter le versement de la première allocation de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois. Il est donc important de bien les anticiper pour gérer sa transition professionnelle.

Pour mieux comprendre vos droits, notamment concernant l'ARE, vous pouvez consulter notre guide sur les droits au chômage et rupture conventionnelle en 2026.

Conditions d'affiliation à France Travail

Pour percevoir l'ARE après une rupture conventionnelle, le salarié doit satisfaire aux mêmes conditions que pour tout autre demandeur d'emploi. Les principales conditions en 2026 sont :

  • Être inscrit comme demandeur d'emploi auprès de France Travail.
  • Justifier d'une période d'affiliation minimale, c'est-à-dire avoir travaillé au moins 6 mois (soit 130 jours ou 910 heures) au cours des 24 derniers mois (ou 36 mois pour les salariés de 53 ans et plus).
  • Être physiquement apte à l'exercice d'un emploi.
  • Rechercher activement un emploi ou être en cours de création/reprise d'entreprise.

Ces conditions sont cumulatives. Si le salarié ne remplit pas la condition de durée d'affiliation, il ne pourra pas être indemnisé, même si la rupture conventionnelle a été dûment homologuée. Il est possible d'estimer ses droits sur le site de France Travail.

Le différé d'indemnisation : comment il se calcule

Le versement de l'ARE n'est pas immédiat. Trois délais peuvent se cumuler et reporter le premier paiement :

  1. Le délai d'attente : D'une durée de 7 jours, il s'applique à toute nouvelle prise en charge par France Travail.
  2. Le différé d'indemnisation "congés payés" : Il est calculé en fonction des indemnités compensatrices de congés payés versées à la fin du contrat. Le nombre de jours de différé est égal au montant de cette indemnité divisé par le salaire journalier de référence. Ce différé est plafonné à 30 jours (référentiel 2026).
  3. Le différé d'indemnisation spécifique : Il s'applique uniquement si l'indemnité de rupture versée est supérieure au minimum légal (indemnité supra-légale). Le nombre de jours de carence est calculé en divisant la part supra-légale de l'indemnité par un diviseur fixé à 111,8 (valeur 2026). Ce différé est plafonné à 150 jours (ou 75 jours en cas de licenciement économique).

Ces trois délais s'additionnent, ce qui peut conduire à une période sans revenus de plusieurs mois avant le premier versement de l'ARE. C'est un paramètre financier à anticiper.

Salarié ou employeur : adapter sa stratégie en 2026

En 2026, la rupture conventionnelle reste un outil de flexibilité apprécié tant par les salariés que par les employeurs. Cependant, les évolutions réglementaires et les points de vigilance imposent à chaque partie d'adopter une stratégie réfléchie. Il ne s'agit pas d'un simple formulaire à signer, mais d'une véritable négociation qui engage l'avenir du salarié et la sécurité juridique de l'entreprise. Se préparer en amont, connaître ses droits et ses obligations, et anticiper les conséquences financières et administratives sont les clés d'une rupture réussie et sécurisée pour tous. Consulter un professionnel du droit du travail est souvent un investissement judicieux pour aborder cette étape sereinement. Pour avoir une vision complète, consultez le guide sur la procédure de rupture conventionnelle en 2026.

Côté salarié : les leviers de négociation

Pour le salarié, la rupture conventionnelle est souvent l'occasion de négocier son départ dans de meilleures conditions qu'une simple démission. Les principaux leviers de négociation sont :

  • Le montant de l'indemnité : Le montant légal n'est qu'un minimum. Il est souvent possible de négocier une indemnité supra-légale, surtout si le salarié a une forte ancienneté ou si l'employeur souhaite éviter un potentiel contentieux.
  • La date de départ : Elle peut être négociée pour coïncider avec un projet personnel (formation, création d'entreprise) ou pour optimiser sa situation vis-à-vis de France Travail.
  • La levée de la clause de non-concurrence : Si le contrat en contient une, demander sa levée (et donc l'absence de contrepartie financière) peut être crucial pour retrouver rapidement un emploi dans le même secteur.
  • Le solde des congés payés et RTT : S'assurer que tous les jours acquis seront bien payés dans le solde de tout compte.

💡 À noter : Il est toujours conseillé de se faire assister lors des entretiens pour rééquilibrer le rapport de force et s'assurer de la validité des accords.

Ces éléments sont essentiels pour un salarié qui souhaite comment avoir une rupture conventionnelle avantageuse et sécurisée.

Côté employeur : anticiper le coût total

Pour l'employeur, l'enjeu est de sécuriser la procédure pour éviter tout risque de contentieux ultérieur. La stratégie doit se concentrer sur :

  • Le respect scrupuleux de la procédure : Convoquer à un ou plusieurs entretiens en laissant un délai raisonnable, respecter le droit à l'assistance, et surtout, ne jamais transmettre la demande d'homologation avant la fin du délai de rétractation.
  • L'anticipation du coût total : Le coût d'une rupture conventionnelle ne se limite pas à l'indemnité versée. Il faut y ajouter l'indemnité compensatrice de congés payés, les charges sociales afférentes et le forfait social sur l'indemnité de rupture. Un budget précis doit être établi en amont.
  • La rédaction de la convention : S'assurer que toutes les mentions obligatoires y figurent et que les calculs (ancienneté, salaire de référence) sont exacts pour éviter un refus d'homologation.
  • La motivation de la rupture : Bien que la rupture conventionnelle n'ait pas à être motivée, l'employeur doit s'assurer qu'elle ne dissimule pas un motif économique (ce qui relèverait d'un licenciement économique) ou un conflit (qui pourrait mener à une requalification en licenciement abusif).

Sources

Ces éléments sont d'ordre général et ne sauraient remplacer une consultation juridique. Pour un cas précis, adressez-vous à un avocat ou à un professionnel du droit.

Questions pratiques

Quelles sont les nouveautés de la rupture conventionnelle en 2026 ?

En 2026, les fondamentaux de la rupture conventionnelle (accord amiable, indemnité minimale, droit au chômage) restent inchangés. Les points de vigilance concernent la généralisation de la procédure dématérialisée via TeleRC, l'impact de la revalorisation du SMIC sur le calcul de l'indemnité plancher, et les éventuelles évolutions du forfait social sur les indemnités.

Le forfait social s'applique-t-il toujours à l'indemnité de rupture conventionnelle en 2026 ?

Oui, le régime social de l'indemnité de rupture conventionnelle reste un point d'attention en 2026. L'assujettissement à un forfait social et aux cotisations (CSG/CRDS) dépend du montant de l'indemnité et de la situation du salarié (en droit de percevoir une pension de retraite ou non). Il est recommandé de vérifier la législation en vigueur au moment de la signature.

Peut-on signer une rupture conventionnelle pendant un arrêt maladie ?

Oui, la jurisprudence constante admet la signature d'une rupture conventionnelle pendant un arrêt maladie, y compris pour accident du travail. La condition essentielle est que le consentement du salarié soit libre et éclairé, sans pression de l'employeur. Si l'arrêt est lié à un harcèlement, la rupture pourrait être annulée.

Quel est le délai de rétractation pour une rupture conventionnelle ?

Chaque partie dispose d'un délai de rétractation de **15 jours calendaires**. Ce délai commence à courir le lendemain de la date de signature de la convention de rupture. La rétractation doit être notifiée à l'autre partie par une lettre qui peut être remise en main propre contre décharge ou envoyée en recommandé avec accusé de réception.

La rupture conventionnelle ouvre-t-elle droit au chômage en 2026 ?

Oui, la rupture conventionnelle homologuée ouvre les mêmes droits à l'Allocation d'Aide au Retour à l'Emploi (ARE) que ceux prévus après un licenciement. Le salarié doit s'inscrire à France Travail et remplir les conditions d'affiliation, notamment une durée de travail suffisante sur les 24 derniers mois.