
Simulation du calendrier de rupture conventionnelle : tous les délais
Simulez le calendrier de votre rupture conventionnelle : délai de rétractation, homologation DREETS, date de fin de contrat. Guide étape par étape + exemple

Une rupture conventionnelle suit un calendrier obligatoire en quatre étapes : entretien(s), signature du Cerfa, délai de rétractation de 15 jours calendaires, puis délai d'homologation de 15 jours ouvrables par la DREETS. La date de rupture ne peut intervenir avant le lendemain de l'homologation (art. L.1237-11 du Code du travail). Au total, comptez 35 à 45 jours calendaires entre la signature et la fin du contrat.
Simuler le calendrier d'une rupture conventionnelle avant d'en signer la convention n'est pas un simple exercice de planification : c'est une précaution qui évite un vice de procédure. Une date de rupture fixée trop tôt : avant l'expiration du délai d'homologation : rend la convention nulle. Ce guide décompose chaque délai légal, explique la différence méconnue entre jours calendaires et jours ouvrables, et propose un exemple chiffré reproductible pour anticiper sereinement toutes les étapes.
Ce qu'il faut retenir
- Le calendrier de rupture conventionnelle compte 4 étapes : entretien, signature du Cerfa, 15 jours calendaires de rétractation, 15 jours ouvrables d'homologation DREETS
- Le délai de rétractation (art. L.1237-13) est en jours calendaires (week-ends et fériés inclus) ; le délai d'homologation (art. L.1237-14) est en jours ouvrables
- La date de rupture ne peut jamais être antérieure au lendemain de l'homologation, sous peine de nullité
- Pour un salarié protégé, l'homologation DREETS est remplacée par une autorisation de l'inspection du travail avec un délai d'instruction de 2 mois
- Les simulateurs officiels (service-public.fr et TéléRC) donnent un calendrier indicatif fiable mais ne remplacent pas la notification d'homologation
Pourquoi simuler son calendrier avant de signer ?
Signer une convention de rupture sans avoir vérifié le calendrier peut produire un effet redoutable : la nullité de la rupture. L'article L.1237-11 du Code du travail impose que la date de rupture ne puisse intervenir avant le lendemain du jour de l'homologation. Une date inscrite trop tôt dans le formulaire Cerfa n°14598*01, et c'est toute la procédure qui s'effondre.
En pratique, les parties négocient souvent une date de sortie des effectifs sans mesurer l'enchaînement des délais. Or le salarié dispose d'un droit de rétractation de 15 jours calendaires après la signature. L'administration, elle, bénéficie de 15 jours ouvrables pour instruire la demande. Ces deux périodes s'additionnent et ne se chevauchent pas.
Anticiper ces délais permet aussi de préparer la transition : préavis non applicable en rupture conventionnelle, mais le salarié doit organiser sa recherche d'emploi ou sa formation. Une simulation du calendrier détaillé de la procédure de rupture conventionnelle offre une visibilité que ni l'employeur ni le salarié ne peuvent improviser le jour de la signature.
Anticiper les délais d'une rupture conventionnelle en 2026 est crucial pour une procédure sereine.
Les 4 étapes clés du calendrier de rupture conventionnelle
La procédure de rupture conventionnelle individuelle s'articule en quatre jalons successifs, prévus aux articles L.1237-11 à L.1237-14 du Code du travail. Chaque étape conditionne la suivante : en brûler une expose à l'invalidation de l'ensemble.
- Étape 1 : Un ou plusieurs entretiens préalables : la loi n'impose pas de nombre minimum, mais au moins un entretien doit avoir lieu. Les parties y discutent du principe de la rupture, de la date envisagée et du montant de l'indemnité spécifique.
- Étape 2 : Signature de la convention : le formulaire Cerfa n°14598*01 est signé en double exemplaire par l'employeur et le salarié. Cette date de signature constitue le point de départ de tous les délais.
- Étape 3 : Délai de rétractation de 15 jours calendaires : chaque partie peut revenir sur son engagement, sans motif ni pénalité, pendant cette période (art. L.1237-13). Le délai court à compter du lendemain de la signature.
- Étape 4 : Dépôt et instruction par la DREETS : à l'issue du délai de rétractation, le formulaire est déposé auprès de la DREETS via le service TéléRC. L'administration dispose de 15 jours ouvrables pour homologuer ou refuser la convention (art. L.1237-14).
💡 À noter : le dépôt ne peut être effectué qu'une fois le délai de rétractation entièrement écoulé. Un dépôt anticipé serait irrecevable.
Entretien préalable : aucun délai minimum légal mais une bonne pratique
Aucune disposition légale n'impose un délai minimal entre la convocation et la tenue de l'entretien, contrairement au licenciement pour motif personnel où 2 jours ouvrables sont exigés. Pour autant, une convocation trop précipitée peut fragiliser la convention en cas de contestation ultérieure.
La pratique prudente consiste à respecter un délai de courtoisie de quelques jours, permettant au salarié d'être assisté s'il le souhaite : par un représentant du personnel ou, en l'absence d'institution représentative, par un conseiller extérieur inscrit sur la liste préfectorale. Plusieurs entretiens peuvent être organisés si les parties souhaitent affiner les termes de l'accord.
Signature du Cerfa : le point de départ du calendrier
Le formulaire Cerfa n°14598*01 est le document obligatoire qui matérialise l'accord. Il doit être complété et signé en deux exemplaires originaux, un pour chaque partie. La date de signature enclenche simultanément le délai de rétractation.
C'est ici que l'erreur de datation survient fréquemment : certaines conventions mentionnent une date de rupture calée à J+30 sans vérifier que ce jour tombe après la fin théorique du délai d'homologation. La date de rupture doit rester conditionnelle. Une formulation du type « le contrat prendra fin au lendemain de l'homologation, ou à la date convenue si celle-ci est postérieure » sécurise la rédaction.
Pour déterminer le montant de l'indemnité, il est utile de se référer au calcul de la rupture conventionnelle 2026.
Le délai de rétractation : 15 jours calendaires pour changer d'avis
Le délai de rétractation de 15 jours calendaires (art. L.1237-13 du Code du travail) inclut les samedis, dimanches et jours fériés. Il débute le lendemain de la signature et expire le 15e jour à minuit.
Exemple : une convention signée le lundi 2 juin 2026 ouvre un délai de rétractation du mardi 3 juin au mardi 17 juin 2026 à minuit. Une rétractation notifiée le 18 juin serait tardive.
La rétractation s'exerce par lettre recommandée avec accusé de réception ou par remise en main propre contre décharge. Elle n'a pas à être motivée. Employeur comme salarié peuvent l'utiliser sans conséquence : la convention est alors caduque et la relation de travail reprend son cours normal.
Le délai d'homologation DREETS : 15 jours ouvrables d'instruction
Une fois le délai de rétractation expiré, la partie la plus diligente : généralement l'employeur : dépose la convention auprès de la DREETS via le téléservice TéléRC. L'administration dispose alors de 15 jours ouvrables pour se prononcer (art. L.1237-14 du Code du travail).
📌 Important : jours ouvrables ≠ jours calendaires. Les jours ouvrables correspondent aux jours normalement travaillés (du lundi au samedi, hors dimanches et jours fériés). En pratique, l'administration ne travaille pas le samedi, mais le décompte légal inclut théoriquement ce jour.
Le délai commence le lendemain du dépôt. Si la DREETS ne répond pas dans les 15 jours ouvrables, le silence vaut homologation tacite. La date de rupture peut alors intervenir dès le lendemain de cette décision implicite d'acceptation. Un refus d'homologation, en revanche, doit être motivé et notifié aux parties.
Exemple de calendrier chiffré : simuler ses dates pas à pas
Prenons un cas concret : un salarié non protégé et son employeur signent une convention de rupture le lundi 2 juin 2026. Ils conviennent d'une rupture au plus tôt. Voici l'enchaînement des dates.
Délai de rétractation : du mardi 3 juin au mardi 17 juin 2026 minuit (15 jours calendaires). Le mercredi 18 juin au matin, les parties peuvent déposer la convention. Admettons un dépôt effectué le jeudi 18 juin 2026.
Le délai d'instruction de 15 jours ouvrables débute le vendredi 19 juin 2026. En excluant les dimanches et le 14 juillet (jour férié), le décompte aboutit au jeudi 9 juillet 2026. L'homologation est acquise le vendredi 10 juillet 2026 au matin (lendemain du 15e jour ouvrable, en l'absence de refus explicite).
La date de rupture peut être fixée au vendredi 10 juillet 2026, soit 38 jours calendaires après la signature.
✅ En résumé : signature le 2 juin → fin de rétractation le 17 juin → dépôt le 18 juin → homologation tacite le 10 juillet → rupture possible le 10 juillet. Le calendrier total minimal, hors jours fériés supplémentaires, est de 38 à 42 jours calendaires selon la date de dépôt effective.
Construire son tableau de dates : méthode manuelle
Pour bâtir son propre calendrier prévisionnel, trois règles suffisent :
- Règle 1 : le délai de rétractation démarre le lendemain de la signature et dure 15 jours calendaires incompressibles.
- Règle 2 : le dépôt est impossible avant le lendemain de l'expiration complète du délai de rétractation.
- Règle 3 : le délai d'homologation de 15 jours ouvrables se calcule en retirant dimanches et jours fériés ; il débute le lendemain du dépôt.
Un tableur type Excel facilite le décompte : une colonne pour chaque étape, une fonction SERIE.JOUR.OUVRE pour le délai d'homologation, et une vérification croisée des jours fériés de l'année. Le simulateur de calcul de la rupture conventionnelle peut servir de contre-vérification.
Utiliser le simulateur TéléRC ou service-public.fr pour vérifier ses calculs
Deux outils officiels permettent de contrôler son calendrier manuel. Le simulateur de service-public.fr calcule automatiquement la date de fin du délai de rétractation et la date d'homologation à partir de la date de signature saisie. Le téléservice TéléRC, utilisé pour le dépôt effectif, affiche également le calendrier prévisionnel avant validation.
Ces simulateurs restent indicatifs : la date d'homologation effective dépend de la date réelle de dépôt, qui peut être postérieure à la date théorique si l'employeur tarde à transmettre le dossier. Une marge de quelques jours dans la planification reste prudente.
Simulation du calendrier pour un salarié protégé
Le salarié protégé : délégué syndical, membre du CSE, conseiller prud'homal : suit une procédure radicalement différente. L'article L.1237-15 du Code du travail écarte l'homologation DREETS au profit d'une autorisation préalable de l'inspection du travail.
Le délai d'instruction par l'inspecteur du travail est de 2 mois à compter de la réception de la demande complète (art. R.2421-9 du Code du travail). Passé ce délai, le silence ne vaut pas acceptation : contrairement au régime général, l'absence de réponse n'emporte aucune décision implicite favorable. L'inspecteur peut refuser l'autorisation, notifier une acceptation expresse, ou : c'est le piège : ne pas répondre du tout, ce qui bloque la procédure.
Une fois l'autorisation obtenue, le délai de rétractation de 15 jours calendaires s'applique normalement. La rupture ne peut intervenir qu'à l'issue de ce délai. Le calendrier total atteint ainsi un minimum de 75 à 80 jours calendaires en l'absence de complexité particulière.
⚠️ Attention : un salarié protégé qui signe une rupture conventionnelle sans autorisation de l'inspection du travail s'expose à la nullité de la convention. La protection est d'ordre public : elle ne peut faire l'objet d'aucune renonciation.
L'erreur courante qui fait repartir toute la procédure à zéro
Le piège le plus fréquent, observé dans les contentieux prud'homaux, consiste à confondre le décompte en jours calendaires (rétractation) et en jours ouvrables (homologation). Un employeur pressé qui applique 15 jours calendaires au délai d'homologation anticipe la date de rupture d'une semaine entière.
Conséquence : la convention mentionne une date de rupture antérieure au lendemain de l'homologation réelle. Le contrat est alors rompu sans homologation effective : la rupture est nulle. La Cour d'appel de Rennes, dans un arrêt du 4 mars 2026 (RG n°22/02745), a rappelé que toute convention de rupture conclue en méconnaissance des articles L.1237-11 et suivants encourt la nullité.
La requalification possible en licenciement sans cause réelle et sérieuse expose l'employeur aux indemnités prud'homales correspondantes, nettement supérieures à l'indemnité de rupture conventionnelle. L'erreur de décompte n'est jamais couverte par une quelconque tolérance administrative.
Un autre écueil : dater la convention le jour même du premier entretien sans avoir réellement négocié. Même si aucun délai légal n'est imposé, une signature instantanée peut être interprétée comme l'absence de consentement libre et éclairé du salarié, vice susceptible d'annuler la convention.
Il est recommandé de bien comprendre la définition et la procédure de la rupture conventionnelle en 2026 pour éviter de telles erreurs.
Les outils officiels pour simuler votre calendrier
Plusieurs ressources officielles permettent de fiabiliser sa simulation sans recourir à des services payants.
- Le simulateur de service-public.fr : accessible gratuitement, il calcule les dates de fin de rétractation et d'homologation à partir de la date de signature. Il intègre automatiquement les jours fériés dans son calcul, contrairement à un tableur maison.
- Le téléservice TéléRC (telerc.travail.gouv.fr) : plateforme de dépôt dématérialisé des conventions de rupture, il affiche un calendrier prévisionnel avant la validation du dossier. Il permet aussi de suivre l'état d'avancement de l'instruction par la DREETS.
- Un tableur complémentaire : pour simuler plusieurs scénarios de dates ou intégrer des contraintes internes (clôture comptable, planification RH), un fichier Excel avec la fonction
SERIE.JOUR.OUVREreste utile, mais il doit être croisé avec les simulateurs officiels pour éviter les erreurs de jours fériés locaux.
Ces outils ne se substituent pas à une vérification attentive des dates par les parties. Un résultat de simulateur n'engage pas l'administration : seule la notification d'homologation (expresse ou tacite) fait foi.
Fiche pratique
| Articles de loi | L.1237-11 à L.1237-16 du Code du travail (régime général) ; L.1237-15 et L.1237-19 (salariés protégés) |
| Formulaire obligatoire | Cerfa n°14598*01 : convention de rupture conventionnelle individuelle |
| Délai de rétractation | 15 jours calendaires à compter du lendemain de la signature (art. L.1237-13) |
| Délai d'homologation | 15 jours ouvrables à compter du lendemain du dépôt (art. L.1237-14) : silence vaut acceptation |
| Salarié protégé | Autorisation de l'inspection du travail (art. L.1237-15) : délai d'instruction de 2 mois (art. R.2421-9) : silence ne vaut pas acceptation |
| Date de rupture | Au plus tôt le lendemain du jour de l'homologation (art. L.1237-11) |
| Outils officiels | Simulateur service-public.fr ; téléservice TéléRC (telerc.travail.gouv.fr) |
| Juridiction compétente | Conseil de prud'hommes en cas de litige sur la validité de la convention |
Sources
Ces éléments sont d'ordre général et ne sauraient remplacer une consultation juridique. Pour un cas précis, adressez-vous à un avocat ou à un professionnel du droit.
Questions pratiques
Comment calculer les dates de rupture conventionnelle ?
Partez de la date de signature de la convention Cerfa. Ajoutez 15 jours calendaires (week-ends inclus) : c'est la fin du délai de rétractation. Le dépôt à la DREETS se fait au plus tôt le lendemain. Ajoutez ensuite 15 jours ouvrables (hors dimanches et jours fériés) : c'est la date d'homologation tacite si l'administration ne s'y oppose pas. La rupture intervient au plus tôt le lendemain de cette homologation.
Quel est le calendrier pour une rupture conventionnelle ?
Le calendrier légal compte quatre phases : entretien(s) préalable(s), signature du Cerfa n°14598*01, délai de rétractation de 15 jours calendaires (art. L.1237-13), puis délai d'homologation de 15 jours ouvrables par la DREETS (art. L.1237-14). Pour un salarié protégé, l'homologation est remplacée par une autorisation de l'inspection du travail instruite en 2 mois. Le processus complet dure entre 35 et 45 jours calendaires pour un salarié classique.
Comment calculer une rupture conventionnelle simulateur ?
Rendez-vous sur le simulateur officiel de service-public.fr (rubrique « Calculer les délais de rétractation et d'homologation ») ou sur le téléservice TéléRC (telerc.travail.gouv.fr). Saisissez la date de signature de la convention. L'outil calcule automatiquement la date de fin du délai de rétractation et la date d'homologation prévisionnelle en tenant compte des jours fériés. Le résultat reste indicatif : seule la notification de la DREETS fait foi.
Pouvez-vous me donner un exemple de calendrier de rupture conventionnelle individuelle ?
Avec une signature le lundi 2 juin 2026 : le délai de rétractation court du 3 au 17 juin 2026 (15 jours calendaires). Dépôt possible dès le 18 juin. Si le dépôt est fait le 18 juin, le délai d'homologation de 15 jours ouvrables démarre le 19 juin et expire le 9 juillet 2026 (en excluant les dimanches et le 14 juillet). L'homologation tacite est acquise le 10 juillet 2026, date à laquelle le contrat peut être rompu.
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