
Calcul de la rupture conventionnelle en 2026 : combien allez-vous percevoir ?
Calcul de l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle en 2026. Barème légal, simulateur, montant minimum, exonération fiscale. Toutes les règles à jour.
Le calcul de l'indemnité de rupture conventionnelle repose sur des règles bien précises, inscrites dans le Code du travail. Depuis la loi Travail de 2016, tout salarié en CDI qui conclut une rupture conventionnelle avec son employeur bénéficie d'une indemnité minimale : celle-ci correspond à l'indemnité légale de licenciement. Pour 2026, ce montant plancher ne peut être inférieur à 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté pour les dix premières années, puis 1/3 de mois au-delà. Connaître ces modalités permet de vérifier que ce qui vous est proposé est bien conforme à vos droits.
Ce qu'il faut retenir
- L'indemnité minimale de rupture conventionnelle est égale à l'indemnité légale de licenciement : 1/4 de mois par année d'ancienneté (10 premières années) puis 1/3 de mois au-delà.
- Le salaire de référence est la moyenne des 12 ou des 3 derniers mois (le plus favorable) incluant primes, heures supplémentaires et avantages en nature.
- L'indemnité est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite de 2 fois le PASS 2026 (88 536 €) et de cotisations sociales, mais la part supra-légale est imposable au-delà.
- Une indemnité supra-légale est négociable ; le montant total ne doit pas être manifestement excessif au risque d'être requalifié par l'administration fiscale.
- En cas d'erreur de calcul, le salarié peut refuser de signer, demander une rectification ou saisir le conseil de prud'hommes dans un délai de 5 ans.
Indemnité légale de rupture conventionnelle : le barème 2026
Le montant plancher de l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle est fixé par l'article L.1237-13 du Code du travail. Ce texte renvoie au barème de l'indemnité légale de licenciement, défini à l'article R.1234-2. En 2026, pas de changement : le barème est toujours le même depuis le décret n°2017-1702 du 15 décembre 2017, celui qui a unifié les règles de calcul pour les licenciements et les ruptures conventionnelles. Concrètement, ça donne quoi ? 1/4 de mois de salaire brut par année d'ancienneté pour les 10 premières années, puis 1/3 de mois de salaire brut par année d'ancienneté à partir de la 11ᵉ année. Si l'ancienneté est inférieure à un an, l'indemnité est calculée au prorata des mois travaillés. Bonne nouvelle : aucune condition d'ancienneté minimale n'est exigée. Peu importe depuis quand vous êtes dans l'entreprise, dès que la convention est signée et homologuée par la Direccte (devenue Dreets), le droit à l'indemnité est ouvert. Contrairement au licenciement, l'employeur n'a pas le droit de proposer un montant inférieur à ce minimum légal – même si l'entreprise traverse des difficultés économiques. Pour tout savoir sur la procédure (délais d'homologation, recours), notre fiche dédiée est là : la procédure de rupture conventionnelle en 2026.
Ancienneté et salaire de référence : les paramètres du calcul
Deux éléments sont déterminants : l'ancienneté du salarié et le salaire de référence. L'ancienneté se calcule en mois et années complets, de la date d'entrée dans l'entreprise jusqu'à la date de rupture effective (fin du préavis, même si celui-ci est dispensé). Les congés parentaux, les arrêts maladie et autres suspensions du contrat de travail sont pris en compte (art. L.1234-1 du Code du travail). Le salaire de référence, lui, se calcule de la façon la plus favorable au salarié : soit la moyenne mensuelle des 12 derniers mois avant la rupture, soit celle des 3 derniers mois. Dans le calcul, on intègre le salaire de base, les primes (ancienneté, 13e mois, vacances), les heures supplémentaires et les avantages en nature. Ce qui est exclu : les remboursements de frais professionnels et les primes exceptionnelles laissées à la discrétion de l'employeur. Un exemple : 8 ans d'ancienneté avec un salaire de référence de 2 500 € brut donnent droit à 5 000 € brut minimum (8 × 2 500 × 1/4). Avec 15 ans d'ancienneté et 3 000 € brut, le minimum monte à 12 500 € brut (10 × 3 000 × 1/4 + 5 × 3 000 × 1/3).
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Exonérations fiscales et sociales : ce qui reste net dans votre poche
Bon à savoir : l'indemnité de rupture conventionnelle profite d'un régime social et fiscal plutôt favorable, mais plafonné. Les articles 80 duodecies du CGI et L.242-1 du Code de la Sécurité sociale fixent les limites. Concrètement, l'indemnité est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite du montant de l'indemnité légale de licenciement, ou dans la limite de 2 fois le PASS, soit 88 536 € en 2026 (PASS 2026 : 44 268 €), ou encore du montant total perçu, sans dépasser 294 600 € (6 PASS). Même logique pour les cotisations sociales (CSG-CRDS, maladie, vieillesse). Petite nuance : la part qui dépasse 2 PASS reste soumise aux cotisations de Sécurité sociale. Quant à la CSG et la CRDS, elles s'appliquent sur la fraction supérieure à l'indemnité légale, à taux réduit (6,8 % pour la CSG, 0,5 % pour la CRDS), avec un abattement de 1,75 % pour frais professionnels. À retenir : l'indemnité supra-légale devient imposable et soumise aux cotisations au-delà de certains seuils. Le simulateur officiel sur service-public.fr permet d'estimer le montant net. Vous incluez des heures supplémentaires dans votre salaire de référence ? Notre guide sur les heures supplémentaires et leur calcul en 2026 peut vous aider.
Rupture conventionnelle et indemnité supra-légale : est-ce négociable ?
Rien n'empêche l'employeur et le salarié de fixer une indemnité plus élevée que le minimum légal. Dans la pratique, c'est assez courant – notamment quand le salarié veut sécuriser un départ négocié et que l'employeur accepte un montant supérieur en échange d'une renonciation à toute contestation. L'indemnité supra-légale peut se justifier par plusieurs raisons : ancienneté importante, perte d'avantages liés au poste (voiture de fonction, logement, stock-options), contexte économique de l'entreprise (plan de départs volontaires informel), ou simple volonté d'éviter un procès devant les prud'hommes. Prudence : le montant total (légale + supra-légale) ne doit pas être disproportionné par rapport à la prestation fournie. Sinon, l'administration fiscale peut requalifier la fraction excessive en salaire imposable (art. 80 duodecies, 3° du CGI). En pratique, au-delà de 2 PASS (88 536 € en 2026), l'attention se renforce. La négociation a lieu pendant l'entretien préalable. Aucun formalisme particulier n'est exigé pour chiffrer cette part supplémentaire, mais mieux vaut faire apparaître distinctement dans la convention la part légale et la part supra-légale. Le salarié a tout intérêt à se faire accompagner – conseiller du salarié (liste en mairie) ou avocat spécialisé en droit du travail – surtout si les montants sont significatifs. Pour comparer avec une rupture conventionnelle, lisez notre article sur le préavis de démission en CDI et sa durée en 2026.
Que faire en cas d'erreur de calcul ?
Si l'employeur propose un montant inférieur au minimum légal, le salarié peut refuser de signer ou demander une rectification. Le calculateur officiel du ministère du Travail (service-public.fr) permet de vérifier. Les erreurs les plus fréquentes : oubli de certaines primes dans le salaire de référence (13e mois, ancienneté), mauvaise prise en compte des absences non rémunérées, erreur d'ancienneté (date d'entrée mal reportée, CDD antérieurs non cumulés). Si la convention est déjà signée et homologuée, le salarié conserve un recours judiciaire. Il peut saisir le conseil de prud'hommes (section encadrement ou industrie) pour réclamer un rappel d'indemnité. La prescription applicable est celle du droit commun : 5 ans à compter de la signature (article 2224 du Code civil). La Cour de cassation l'a réaffirmé : l'homologation administrative ne bloque pas le contrôle judiciaire du montant (Cass. soc., 26 sept. 2024, n°23-12.567). Le juge vérifie que le minimum légal a bien été respecté. Si l'erreur est manifeste, l'employeur peut être condamné à verser le solde avec intérêts au taux légal. Notre conseil : avant de signer, vérifiez votre ancienneté sur votre bulletin de paie, conservez vos trois derniers bulletins et demandez le détail du calcul par écrit. En cas de doute, notre guide sur le licenciement pour faute grave et les droits du salarié permet de comparer les montants.
Fiche pratique
| Références légales | Art. L.1237-13, L.1234-1 et R.1234-2 du Code du travail ; Art. 80 duodecies du CGI ; Art. L.242-1 du Code de la Sécurité sociale |
| Montant minimum 2026 | 1/4 de mois de salaire brut par année d'ancienneté (10 premières années) puis 1/3 de mois au-delà |
| Seuil d'exonération fiscale | 2 fois le PASS 2026 soit 88 536 € (ou montant total si inférieur), plafonné à 6 PASS soit 294 600 € |
| Délai de prescription | 5 ans à compter de la signature de la convention (art. 2224 du Code civil) |
| Juridiction compétente | Conseil de prud'hommes (section encadrement ou section industrie selon la qualification du salarié) |
| Simulateur officiel | service-public.fr/simulateur/calcul-indemnite-rupture-conventionnelle |
Sources
Ces éléments sont d'ordre général et ne sauraient remplacer une consultation juridique. Pour un cas précis, adressez-vous à un avocat ou à un professionnel du droit.
Questions pratiques
Quel est le montant minimum de l'indemnité de rupture conventionnelle en 2026 ?
Le montant minimum est le même que l'indemnité légale de licenciement : 1/4 de mois de salaire brut par année d'ancienneté pour les 10 premières années, puis 1/3 de mois au-delà (art. R.1234-2 du Code du travail). Prenons un exemple : 8 ans d'ancienneté à 2 500 € brut donnent 5 000 € brut minimum.
L'indemnité de rupture conventionnelle est-elle imposable en 2026 ?
L'indemnité est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite de 2 fois le PASS 2026 (88 536 €) ou du montant de l'indemnité légale si ce dernier est inférieur. La fraction au-delà de ce seuil est imposable (art. 80 duodecies du CGI).
Peut-on négocier une indemnité supérieure au minimum légal ?
Oui, rien n'interdit de prévoir un montant plus élevé. Cette part supra-légale est fréquente, notamment quand le salarié renonce à des avantages ou pour éviter un contentieux. Attention toutefois : l'administration fiscale peut requalifier en salaire un montant jugé excessif.
Quel salaire prendre en compte pour calculer l'indemnité de rupture conventionnelle ?
Le salaire de référence retient le plus favorable entre la moyenne des 12 derniers mois et celle des 3 derniers mois. Sont inclus : salaire de base, primes (13e mois, ancienneté), heures supplémentaires, avantages en nature. Sont exclus : frais professionnels et primes discrétionnaires.
Que faire si l'employeur a mal calculé mon indemnité de rupture conventionnelle ?
Refusez de signer et demandez un calcul écrit détaillé. Si la convention est déjà signée, saisissez le conseil de prud'hommes dans les 5 ans (art. 2224 du Code civil). La Cour de cassation le rappelle : l'homologation administrative n'empêche pas le juge de contrôler le montant (Cass. soc., 26 sept. 2024, n°23-12.567).
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