Aller au contenu principal
Droit Travail InfoDroit Travail Info
Rupture conventionnelle : quels documents obligatoires
Rupture

Documents obligatoires pour une rupture conventionnelle : ce que salarié

Quels documents pour une rupture conventionnelle ? Convention signée, documents de fin de contrat, homologation : la liste complète côté salarié et employeur.

Charlotte BoyerCharlotte Boyer 19 min de lecture
Rupture conventionnelle : les pièges à éviter

Trois documents de fin de contrat sont obligatoires lors d'une rupture conventionnelle : le certificat de travail, l'attestation France Travail et le reçu pour solde de tout compte (travail-emploi.gouv.fr). Avant cette étape, la convention de rupture : idéalement rédigée sur le formulaire Cerfa n°14598*01 : doit être homologuée par la DREETS dans un délai d'instruction de 15 jours ouvrables (service-public.fr, 2026).

Quels documents pour une rupture conventionnelle ? La réponse ne se limite pas aux trois papiers de fin de contrat. Une rupture conventionnelle produit une chaîne documentaire qui commence dès la demande d'entretien et s'achève plusieurs semaines après l'homologation administrative. Chaque étape engage des droits et des délais précis. Un document manquant peut bloquer l'inscription à France Travail, retarder le versement de l'indemnité chômage ou exposer l'employeur à un contentieux prud'homal. Voici le parcours documentaire complet, chronologique, avec pour chaque document son émetteur, son délai et sa portée juridique.

Comprendre quelles sont les démarches à faire pour une rupture conventionnelle est donc crucial pour éviter les écueils.

Ce qu'est la rupture conventionnelle et pourquoi les documents comptent

La rupture conventionnelle : définition et conditions s'applique exclusivement aux salariés en CDI. Prévue aux articles L1237-11 à L1237-16 du Code du travail, elle permet à l'employeur et au salarié de convenir ensemble des conditions de la rupture du contrat. Ni licenciement ni démission, cette procédure spécifique repose sur un accord bilatéral soumis à l'homologation de la DREETS.

Chaque document produit au fil de la procédure remplit une fonction juridique précise. La convention de rupture fixe les droits financiers du salarié. Le certificat de travail atteste de l'emploi occupé. L'attestation France Travail conditionne le versement de l'allocation chômage. Le reçu pour solde de tout compte matérialise les sommes versées et fait courir le délai de contestation.

Un vice de forme sur l'un de ces documents peut entraîner la requalification de la rupture en licenciement sans cause réelle et sérieuse. La Cour de cassation rappelle régulièrement que le non-respect de la procédure conventionnelle expose l'employeur à des dommages et intérêts.

Rupture conventionnelle CDI : rappel du principe

La rupture conventionnelle individuelle ne concerne que le contrat à durée indéterminée. Impossible d'y recourir pour un CDD, un contrat d'apprentissage ou un contrat de travail temporaire. Elle se distingue de la rupture conventionnelle collective, qui répond à un régime juridique totalement distinct prévu aux articles L1237-19 et suivants du Code du travail.

Le principe est simple : les deux parties s'accordent sur le principe et les conditions de la rupture. Un ou plusieurs entretiens préalables sont organisés. La convention est signée, puis homologuée par l'administration. La rupture prend effet à la date fixée dans la convention, jamais avant l'homologation. Pendant toute la procédure, le contrat de travail se poursuit normalement.

Pourquoi la forme documentaire est-elle impérative ?

La procédure de rupture conventionnelle est intégralement formaliste. Chaque document constitue une protection pour les deux parties. Pour le salarié, la convention écrite garantit le montant de l'indemnité négociée et la date de rupture. Pour l'employeur, le respect du formalisme sécurise la rupture et limite le risque de contestation ultérieure.

Selon la jurisprudence constante, l'absence d'écrit ou une convention incomplète peut entraîner la nullité de la rupture conventionnelle. La conséquence est lourde : le contrat de travail est réputé n'avoir jamais été rompu, ou la rupture est requalifiée en licenciement sans cause réelle et sérieuse. La forme documentaire n'est donc pas une option administrative, mais une condition de validité de la rupture elle-même.

Les documents à préparer avant et pendant l'entretien

La phase préparatoire ne fait l'objet d'aucun formalisme obligatoire dans le Code du travail. Pour autant, constituer une trace écrite dès les premiers échanges protège les deux parties. La loi n'impose pas de formulaire spécifique à ce stade, mais des pratiques recommandées se sont imposées.

L'entretien préalable est le moment où les parties s'accordent sur le principe et les conditions de la rupture. Aucun compte rendu n'est exigé par les textes. Pourtant, un écrit synthétique signé des deux parties au sortir de l'entretien constitue une preuve utile en cas de contestation. Ce document informel n'a pas la valeur de la convention de rupture, mais il atteste de la réalité et du contenu des échanges.

La demande écrite de rupture conventionnelle par le salarié

La demande écrite du salarié n'est pas une obligation légale. Le Code du travail n'exige aucun écrit pour initier la procédure. L'employeur et le salarié peuvent convenir oralement de se rencontrer.

En pratique, formaliser la demande par un courrier daté et signé présente plusieurs avantages. Le salarié fixe la date de sa démarche et évite toute ambiguïté sur l'origine de la rupture. Ce courrier peut prendre la forme d'une lettre remise en main propre contre décharge ou d'un recommandé avec accusé de réception. Un modèle de lettre de demande de rupture conventionnelle aide à structurer cette démarche sans se perdre dans des formulationshasardeuses.

La convocation à l'entretien : forme et délai

Aucun formalisme légal n'encadre la convocation à l'entretien de rupture conventionnelle, contrairement à la procédure de licenciement. La loi ne fixe ni délai de prévenance ni contenu obligatoire.

Pourtant, un écrit reste fortement conseillé. L'employeur adresse au salarié une convocation mentionnant la date, l'heure et le lieu de l'entretien, ainsi que la possibilité de se faire assister. Ce document, même non obligatoire, démontre que le salarié a été informé de ses droits. Il sécurise la procédure en cas de contestation ultérieure sur le consentement du salarié.

L'assistance lors de l'entretien : qui peut être présent ?

Le salarié peut se faire assister pendant l'entretien. Deux options s'offrent à lui : un salarié de l'entreprise ou, en l'absence de représentant du personnel dans l'entreprise, un conseiller extérieur inscrit sur une liste départementale arrêtée par le préfet.

L'employeur bénéficie du même droit. Il peut se faire assister par un membre de l'entreprise ou, si l'entreprise compte moins de 50 salariés, par un représentant de son organisation professionnelle. La présence d'un assistant doit être notifiée à l'autre partie avant l'entretien. Un écrit mentionnant l'identité et la qualité de l'assistant évite toute contestation sur la régularité de la procédure.

L'essentiel

  • La rupture conventionnelle produit une chaîne documentaire qui couvre trois temps : avant l'entretien, la convention et l'homologation, puis la fin du contrat
  • Le formulaire Cerfa n°14598*01 n'est pas obligatoire juridiquement, mais il sécurise la procédure en garantissant que toutes les mentions légales sont présentes
  • Sans homologation par la DREETS, la convention de rupture signée ne produit aucun effet : le contrat de travail se poursuit
  • L'employeur qui omet de remettre l'attestation France Travail bloque l'inscription du salarié et s'expose à une condamnation sous astreinte en référé prud'homal

La convention de rupture : le document central de la procédure

La convention de rupture constitue le cœur juridique de la procédure. Signée par les deux parties, elle fixe l'ensemble des conditions de la rupture : date, montant de l'indemnité, sort du contrat. Sa rédaction doit respecter un certain nombre de mentions obligatoires sous peine d'irrégularité.

Le formulaire Cerfa n°14598*01, disponible sur service-public.fr, facilite cette rédaction. Il n'est pas juridiquement obligatoire : une convention rédigée sur papier libre reste valable si elle contient toutes les mentions requises. Mais utiliser le Cerfa constitue la méthode la plus sûre pour ne rien omettre. La procédure complète de la rupture conventionnelle en 2026 détaille l'ensemble des étapes à suivre.

Le formulaire Cerfa de rupture conventionnelle : mentions obligatoires

Le Cerfa n°14598*01 doit comporter un certain nombre de mentions impératives, prévues à l'article L1237-13 du Code du travail. L'identité complète des parties figure en tête du document. La date de rupture envisagée est indiquée avec précision, sachant qu'elle ne peut intervenir avant le lendemain de l'homologation.

Le montant de l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle, qui ne peut être inférieur à l'indemnité légale de licenciement, doit être explicitement chiffré. Les droits à congés payés et leur indemnisation éventuelle sont également détaillés. Toute clause ajoutée par les parties : clause de confidentialité, engagement de non-concurrence, dispense d'activité : doit figurer dans la convention.

Cas pratique : que doit préciser la convention pour un salarié en CDI ?

Prenons un cas concret. Un salarié en CDI, cadre, perçoit un salaire brut mensuel de 3 200 €. Il totalise 7 ans et 5 mois d'ancienneté dans l'entreprise. L'indemnité légale de licenciement, plancher de l'indemnité de rupture conventionnelle, se calcule ainsi : 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté pour les 10 premières années, soit 7,42 × 0,25 × 3 200 € = 5 936 €.

La convention de rupture devra mentionner ce montant de 5 936 € au minimum, ainsi que la date de rupture envisagée, l'indemnité compensatrice de congés payés (27 jours acquis non pris, soit 27 × 3 200 € / 21,67 = 3 986 €) et les modalités de restitution du matériel professionnel. L'employeur joint également l'état récapitulatif de l'épargne salariale si le salarié détient des avoirs sur un PEE.

Le délai de rétractation de 15 jours calendaires

Dès le lendemain de la signature de la convention, un délai de rétractation de 15 jours calendaires commence à courir (code.travail.gouv.fr, mis à jour le 14 août 2024). Ce délai profite aux deux parties : employeur et salarié peuvent se rétracter unilatéralement, sans avoir à se justifier.

La rétractation doit être notifiée par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise en main propre contre décharge. Passé ce délai de 15 jours, la convention devient définitive entre les parties. La demande d'homologation peut alors être adressée à la DREETS. Tout le calendrier est à retrouver dans notre outil pour simuler le calendrier et les délais de votre rupture conventionnelle.

La demande d'homologation : procédure et documents à transmettre

L'homologation constitue le filtre administratif sans lequel la rupture conventionnelle reste sans effet juridique. Une convention signée mais non homologuée ne rompt pas le contrat de travail. La demande est adressée à la DREETS (direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités), qui a succédé aux DIRECCTE.

Le dossier transmis doit comprendre un exemplaire de la convention de rupture daté et signé par les deux parties. Depuis le 1er avril 2022, la téléprocédure TéléRC remplace progressivement l'envoi postal. Le dépôt en ligne via le portail du Ministère du Travail accélère le traitement et génère un accusé de réception horodaté. Cet accusé constitue une preuve de dépôt en cas de litige.

Qui transmet la demande d'homologation à la DREETS ?

La demande d'homologation peut être adressée par l'employeur ou par le salarié. En pratique, c'est presque toujours l'employeur qui s'en charge via la plateforme TéléRC. Le formulaire Cerfa n°14598*01, dûment complété et signé, est téléversé avec les pièces justificatives éventuelles.

Si la demande est incomplète, la DREETS peut solliciter des pièces complémentaires. Le délai d'instruction est alors suspendu jusqu'à réception des éléments manquants. Une demande non transmise dans un délai raisonnable après l'expiration du délai de rétractation n'entraîne pas de sanction automatique, mais fait peser un risque sur la validité de la procédure.

Délai d'instruction : 15 jours ouvrables et silence vaut acceptation

La DREETS dispose de 15 jours ouvrables à compter de la réception du dossier complet pour instruire la demande d'homologation (service-public.fr, vérifié le 26 juin 2026). Passé ce délai, le silence de l'administration vaut acceptation : l'homologation est réputée acquise.

⚠️ Attention : le silence de la DREETS vaut acceptation, pas refus. Une idée fausse circule parfois sur ce point. L'employeur et le salarié n'ont pas besoin d'attendre un courrier explicite pour considérer la rupture comme homologuée une fois les 15 jours ouvrables écoulés.

Le refus d'homologation doit être motivé. Les motifs les plus fréquents portent sur une indemnité inférieure au minimum légal, une convention incomplète ou un vice de procédure manifeste. En cas de refus, les parties peuvent présenter une nouvelle demande après avoir corrigé les irrégularités.

Les 3 documents de fin de contrat remis par l'employeur

À la date de rupture fixée dans la convention homologuée, l'employeur remet obligatoirement trois documents au salarié : le certificat de travail, l'attestation France Travail et le reçu pour solde de tout compte (travail-emploi.gouv.fr). Ces documents sont exigibles quelle que soit la cause de la rupture du contrat de travail.

Leur remise conditionne des droits concrets. Sans attestation France Travail, le salarié ne peut pas s'inscrire à France Travail après une rupture conventionnelle ni percevoir l'allocation chômage. Un certificat de travail incomplet peut compliquer une embauche ultérieure. Un reçu pour solde de tout compte non signé ne fait pas courir le délai de contestation de 6 mois.

Certificat de travail

Le certificat de travail est prévu à l'article L1234-19 du Code du travail. Il mentionne la date d'entrée et de sortie du salarié, la nature du ou des emplois successivement occupés et les périodes correspondantes. L'employeur y porte également les droits acquis par le salarié au titre du compte personnel de formation (CPF).

Ce document est dû même pour une période d'emploi très courte. L'employeur ne peut y faire figurer aucune appréciation sur la qualité du travail du salarié ni sur les circonstances de la rupture. Un certificat contenant des commentaires dévalorisants expose l'employeur à une condamnation pour préjudice.

Attestation France Travail (ex-Pôle emploi)

L'attestation France Travail, anciennement appelée attestation Pôle emploi, permet au salarié de faire valoir ses droits à l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE). Elle mentionne les dates de début et de fin du contrat, le motif de la rupture : rupture conventionnelle en l'espèce : et les salaires perçus au cours des 12 derniers mois.

Cette attestation est transmise par voie dématérialisée via la déclaration sociale nominative (DSN). L'employeur déclare la fin du contrat dans le mois suivant la rupture. Une transmission tardive retarde l'ouverture des droits du salarié. Le salarié doit vérifier que le motif « rupture conventionnelle » figure bien sur l'attestation, car une erreur de qualification peut entraîner un refus de prise en charge par France Travail.

Reçu pour solde de tout compte

Le reçu pour solde de tout compte, régi par l'article L1234-20 du Code du travail, détaille l'ensemble des sommes versées au salarié à l'occasion de la rupture : indemnité spécifique de rupture conventionnelle, indemnité compensatrice de congés payés, rappel de salaire éventuel, primes, etc.

Le reçu doit être établi en double exemplaire. Le salarié en conserve un. Sa signature fait courir le délai de contestation de 6 mois pour les sommes qui y sont mentionnées. Si le salarié signe sans réserve, il ne peut plus contester les montants indiqués passé ce délai. Une signature avec la mention « sous réserve de mes droits » préserve au contraire la possibilité de contester ultérieurement.

Piège fréquent : remettre ces documents trop tôt ou les omettre

L'erreur la plus courante consiste à remettre les documents de fin de contrat avant la date effective de rupture. L'employeur pressé qui anticipe cette remise prend un risque : le salarié pourrait contester la rupture en arguant qu'elle est intervenue avant l'homologation.

Autre piège : l'omission pure et simple de l'attestation France Travail. Sans ce document, le salarié ne peut pas s'inscrire. France Travail bloque le dossier jusqu'à réception. Le salarié dispose alors d'un recours : une mise en demeure de l'employeur, puis une saisine du conseil de prud'hommes en référé pour obtenir la remise sous astreinte. Le juge peut condamner l'employeur à une astreinte de plusieurs dizaines d'euros par jour de retard.

Documents liés à l'épargne salariale et au solde de tout compte

Au-delà des trois documents obligatoires de fin de contrat, d'autres documents doivent être remis lorsque l'entreprise dispose d'un dispositif d'épargne salariale. L'état récapitulatif de l'épargne salariale est obligatoire si le salarié détient des avoirs sur un plan d'épargne entreprise (PEE), un PER collectif ou un plan d'épargne retraite (service-public.fr, vérifié juin 2026).

Cet état récapitule l'ensemble des sommes inscrites aux comptes du salarié, la nature des placements et les conditions de déblocage. Sans ce document, le salarié ignore ses droits et peut se trouver dans l'incapacité de demander le déblocage anticipé de son épargne salariale, auquel la rupture du contrat de travail ouvre droit. Le reçu pour solde de tout compte, quant à lui, mérite une attention particulière sur les sommes qu'il détaille.

L'état récapitulatif de l'épargne salariale

L'état récapitulatif de l'épargne salariale doit mentionner, pour chaque plan auquel le salarié a adhéré, le montant des droits acquis, la date à laquelle ces droits seront disponibles, les modalités de transfert et les conséquences fiscales d'un éventuel déblocage anticipé.

La rupture conventionnelle constitue un motif de déblocage anticipé des sommes investies sur un PEE ou un PER collectif. Le salarié peut donc récupérer son épargne sans attendre l'échéance normale. L'état récapitulatif lui permet de connaître précisément le montant disponible et les démarches à effectuer auprès du gestionnaire du plan.

Que doit contenir le reçu pour solde de tout compte ?

Le reçu pour solde de tout compte doit détailler poste par poste l'ensemble des sommes versées. L'indemnité spécifique de rupture conventionnelle figure en tête, suivie de l'indemnité compensatrice de congés payés si le salarié n'a pas épuisé ses droits. Viennent ensuite les éléments de salaire : dernier mois travaillé, heures supplémentaires, primes contractuelles.

L'indemnité compensatrice de préavis n'est pas due en rupture conventionnelle, puisque le préavis n'existe pas dans cette procédure. En revanche, si les parties ont convenu d'une dispense d'activité rémunérée jusqu'à la date de rupture, les sommes correspondantes sont mentionnées. Le contrepartie financière d'une éventuelle clause de non-concurrence s'ajoute le cas échéant.

Délai de contestation du solde de tout compte

Le reçu pour solde de tout compte peut être contesté dans un délai de 6 mois à compter de sa signature, conformément à l'article L1234-20 du Code du travail. Ce délai, initialement de 2 mois, a été porté à 6 mois par la loi Travail du 8 août 2016.

Passé ce délai, le salarié ne peut plus contester les sommes mentionnées dans le reçu. Une signature sans réserve vaut acceptation définitive à l'expiration des 6 mois. Le salarié qui souhaite préserver ses droits pour une contestation ultérieure appose la mention « sous réserve de mes droits » avant de signer. Cette simple formule suspend l'effet libératoire du reçu et permet d'engager une action prud'homale au-delà des 6 mois.

Checklist récapitulative : tous les documents par étape

Le tableau ci-dessous synthétise l'ensemble du parcours documentaire, étape par étape, avec l'émetteur de chaque document.

  • Étape 1 : Avant l'entretien : Demande écrite du salarié (facultative) : produit par le salarié ; Convocation à l'entretien (facultative, mais recommandée) : produit par l'employeur
  • Étape 2 : Entretien(s) : Notification de l'assistance éventuelle : produite par chaque partie qui se fait assister ; Compte rendu d'entretien (facultatif) : produit conjointement
  • Étape 3 : Convention : Convention de rupture (Cerfa n°14598*01 ou papier libre) : produite conjointement, signée par les deux parties
  • Étape 4 : Rétractation et homologation : Notification de rétractation éventuelle : produite par la partie qui se rétracte ; Demande d'homologation et exemplaire de la convention : transmis à la DREETS par l'employeur (ou le salarié)
  • Étape 5 : Fin de contrat : Certificat de travail : remis par l'employeur ; Attestation France Travail : transmise par l'employeur via la DSN ; Reçu pour solde de tout compte : remis par l'employeur ; État récapitulatif de l'épargne salariale : remis par l'employeur si dispositif existant

Cette vue d'ensemble permet à chaque partie de vérifier, à chaque stade de la procédure, qu'aucun document n'a été omis.

Les pièges à éviter lors d'une rupture conventionnelle

La rupture conventionnelle est souvent perçue comme une procédure simple. Dans les faits, plusieurs écueils documentaires peuvent compromettre sa validité ou retarder l'indemnisation du salarié. Les démarches à suivre une fois la rupture conventionnelle signée méritent une vigilance particulière.

La plupart de ces pièges trouvent leur origine dans une méconnaissance des délais ou dans des erreurs de forme sur les documents. Un défaut d'information du salarié sur ses droits peut également constituer un vice du consentement. L'employeur qui ne respecte pas scrupuleusement chaque étape s'expose à voir la rupture requalifiée en licenciement sans cause réelle et sérieuse, avec les indemnités afférentes.

Convention non homologuée : quelle conséquence ?

Une convention de rupture signée mais jamais transmise à la DREETS ne produit aucun effet juridique. Le contrat de travail se poursuit dans les mêmes conditions. L'employeur ne peut pas cesser de verser le salaire ni de fournir du travail au salarié.

Si l'employeur considère néanmoins que le contrat est rompu, le salarié peut saisir le conseil de prud'hommes pour faire constater l'absence de rupture valable. La juridiction peut ordonner la poursuite du contrat ou condamner l'employeur à verser des dommages et intérêts pour licenciement abusif. L'homologation n'est pas une formalité facultative : elle conditionne l'existence même de la rupture conventionnelle.

Erreurs de forme sur le Cerfa : risque de nullité

Une convention de rupture qui ne comporte pas les mentions obligatoires : absence de date, indemnité non chiffrée, omission de la signature d'une partie : encourt la nullité. La Cour de cassation a rappelé que cette nullité entraîne la requalification de la rupture en licenciement sans cause réelle et sérieuse.

Autre piège : une indemnité spécifique inférieure au minimum légal. La DREETS refuse alors l'homologation. Les parties doivent recommencer la procédure en rectifiant le montant. Ce recommencement implique de nouveaux entretiens et un nouveau délai de rétractation. Enfin, une convention antidatée ou postdatée constitue un faux, dont les conséquences pénales peuvent s'ajouter aux sanctions civiles.

Sources

Fiche pratique

Articles de loiL1237-11 à L1237-16 du Code du travail (rupture conventionnelle) ; L1234-19 (certificat de travail) ; L1234-20 (reçu pour solde de tout compte)
Formulaire officielCerfa n°14598*01 (formulaire de rupture conventionnelle)
Délai de rétractation15 jours calendaires à compter du lendemain de la signature de la convention
Délai d'homologation15 jours ouvrables à compter de la réception du dossier complet par la DREETS ; silence vaut acceptation
Documents de fin de contratCertificat de travail, attestation France Travail, reçu pour solde de tout compte
Délai de contestation du solde de tout compte6 mois à compter de la signature (article L1234-20)
TéléprocédureTéléRC (portail du Ministère du Travail)
Juridiction compétente en cas de litigeConseil de prud'hommes

Ces éléments sont d'ordre général et ne sauraient remplacer une consultation juridique. Pour un cas précis, adressez-vous à un avocat ou à un professionnel du droit.

Questions pratiques

Quels documents sont obligatoires pour une rupture conventionnelle ?

Trois documents de fin de contrat sont obligatoires : le certificat de travail, l'attestation France Travail et le reçu pour solde de tout compte (travail-emploi.gouv.fr). Avant cette étape, la convention de rupture elle-même : idéalement rédigée sur le Cerfa n°14598*01 : doit être signée par les deux parties, puis homologuée par la DREETS. L'état récapitulatif de l'épargne salariale s'ajoute si l'entreprise dispose d'un PEE ou d'un PER collectif (service-public.fr, 2026).

Quels sont les pièges à éviter lors d'une rupture conventionnelle ?

Le premier piège est de considérer la rupture comme acquise avant l'homologation de la DREETS : sans homologation, la convention est sans effet juridique. Le deuxième est de remettre les documents de fin de contrat avant la date effective de rupture. Le troisième est d'omettre l'attestation France Travail, ce qui bloque l'inscription du salarié. Enfin, une convention incomplète : indemnité non chiffrée, absence de date, signature manquante : encourt la nullité et la requalification en licenciement sans cause réelle et sérieuse.

Quel document dois-je utiliser pour demander une rupture conventionnelle ?

Aucun document légalement obligatoire n'est exigé pour initier une demande de rupture conventionnelle. Le Code du travail ne prévoit pas de formulaire spécifique à ce stade. Un courrier daté et signé, remis en main propre contre décharge ou envoyé en recommandé, reste toutefois fortement recommandé pour fixer la date de la démarche et prévenir toute ambiguïté sur l'origine de la rupture.

Quelles sont les démarches à faire pour une rupture conventionnelle ?

La procédure comporte quatre étapes principales : un ou plusieurs entretiens entre l'employeur et le salarié pour convenir des conditions de la rupture, la rédaction et la signature de la convention de rupture (Cerfa n°14598*01), un délai de rétractation de 15 jours calendaires, puis la demande d'homologation adressée à la DREETS. Une fois l'homologation acquise, l'employeur remet les trois documents de fin de contrat : certificat de travail, attestation France Travail et reçu pour solde de tout compte.