
Puis-je envoyer ma rupture conventionnelle par mail ? Procédure complète
Puis-je envoyer ma rupture conventionnelle par mail ? Découvrez les cas où le mail est accepté, les étapes qui exigent un courrier papier et les risques

Oui, la demande initiale de rupture conventionnelle peut être envoyée par mail. L'article L. 1237-11 du Code du travail n'impose aucun formalisme pour cette étape. Le mail constitue un écrit daté et traçable, utile en cas de litige. En revanche, la convention de rupture elle-même (formulaire CERFA n°14598) doit être signée de manière manuscrite ou par signature électronique qualifiée, et l'homologation passe par le téléservice TéléRC : deux étapes qu'un simple mail ne remplace pas.
Oui, vous pouvez envoyer votre demande de rupture conventionnelle par mail. Le Code du travail n'impose aucun formalisme particulier pour cette première prise de contact avec votre employeur. Mais là où beaucoup de salariés se trompent, c'est en confondant ce simple message avec la convention elle-même : un document CERFA qui, lui, obéit à des règles strictes de signature et d'homologation. Voici précisément ce que le mail peut faire, et ce qu'il ne remplacera jamais.
Ce qu'il faut retenir
- La demande initiale de rupture conventionnelle peut être formulée par mail, sans formalisme imposé par la loi.
- Seul le formulaire CERFA n°14598, signé par les deux parties, constitue la convention de rupture : un simple mail n'engage personne.
- L'employeur n'a aucune obligation légale de répondre à un mail de demande : l'absence de réponse n'équivaut pas à un refus.
- La signature électronique qualifiée (règlement eIDAS) est requise si vous souhaitez signer la convention sans support papier.
- L'homologation se fait via TéléRC par l'employeur uniquement ; le salarié ne peut pas déposer la demande en ligne seul.
Le mail pour demander une rupture conventionnelle : ce que dit le Code du travail
La réponse est claire : oui, la demande initiale de rupture conventionnelle peut être formulée par mail. L'article L. 1237-11 du Code du travail pose le principe de la rupture d'un commun accord sans imposer de forme particulière pour engager la discussion. Contrairement au licenciement, qui obéit à une procédure stricte (convocation par lettre recommandée, entretien préalable, notification), la rupture conventionnelle laisse les parties libres de se contacter comme elles l'entendent.
Cette liberté inclut le mail, l'échange oral, le SMS ou le courrier simple. Le mail présente un avantage notable : il constitue un écrit daté, horodaté, dont le salarié conserve une copie. En cas de contestation ultérieure sur l'existence même de la demande, cette trace peut s'avérer déterminante devant le conseil de prud'hommes.
💡 À noter : le mail ne déclenche aucune obligation pour l'employeur à ce stade. Il ne s'agit que d'une sollicitation ouvrant la voie à un échange : rien de plus.
Aucun formalisme légal pour la demande initiale
Les articles L. 1237-11 à L. 1237-16 du Code du travail encadrent la rupture conventionnelle individuelle. Aucun de ces textes ne prescrit un mode de communication spécifique pour la demande initiale. La loi impose un ou plusieurs entretiens entre l'employeur et le salarié, au cours desquels les parties discutent du principe et des conditions de la rupture. Elle exige également la signature d'une convention homologuée par la DREETS. Mais la prise de contact préalable échappe à tout formalisme.
Concrètement, un salarié peut parfaitement envoyer un mail à son supérieur ou au service RH pour solliciter l'ouverture d'une discussion. L'employeur peut faire de même. Cette souplesse est cohérente avec la philosophie de la rupture conventionnelle : un accord négocié, fondé sur le consentement mutuel, et non une procédure imposée unilatéralement.
Ce que doit contenir votre mail de demande
Votre mail de demande doit rester simple et factuel. Les éléments recommandés sont :
- Votre identité complète : prénom, nom, poste occupé, éventuellement le numéro de matricule.
- Un objet explicite : « Demande de rupture conventionnelle » ou « Sollicitation d'un entretien en vue d'une rupture conventionnelle ».
- La référence au contrat : « Dans le cadre de mon contrat à durée indéterminée conclu le [date]… ».
- La demande d'entretien : « Je souhaite que nous puissions convenir d'un entretien pour échanger sur les modalités d'une éventuelle rupture conventionnelle. »
- Un ton neutre et professionnel : pas d'émotion, pas de reproche, pas de justification personnelle détaillée.
L'objectif est d'ouvrir un dialogue, pas de plaider votre cause ni de vous justifier.
Qui peut initier la rupture : salarié ou employeur ?
La rupture conventionnelle est par nature un accord bilatéral. Le salarié peut tout à fait en prendre l'initiative en adressant un mail à son employeur, tout comme l'employeur peut proposer la rupture à son salarié. Dans les deux cas, la procédure reste la même : entretien(s), signature de la convention CERFA n°14598, délai de rétractation de 15 jours calendaires (article L. 1237-13 du Code du travail), puis demande d'homologation.
Un point important : le fait que le salarié soit à l'origine de la demande ne modifie en rien ses droits. L'indemnité spécifique de rupture conventionnelle reste due, et le salarié conserve ses droits à l'allocation chômage auprès de France Travail, sous réserve de remplir les conditions d'ouverture de droits.
Procédure rupture conventionnelle : les étapes où le mail ne suffit pas
Prenons un cas concret. Marie, 34 ans, est commerciale en CDI depuis 4 ans dans une PME. Elle souhaite quitter l'entreprise pour un projet de reconversion et décide de proposer une rupture conventionnelle à son employeur. Voici comment elle doit articuler sa démarche, en comprenant que le mail n'est que le point de départ : et que plusieurs étapes obligatoires ne peuvent pas passer par un simple échange électronique.
Retrouvez tous les détails dans demander une rupture conventionnelle par mail : ce que dit.
⚠️ Attention : une erreur fréquente consiste à penser que le mail de demande « vaut » lancement de la procédure. La procédure ne démarre juridiquement qu'avec la tenue du ou des entretiens obligatoires et la signature de la convention CERFA.
Étape 1 : la demande par mail (autorisée)
Marie rédige un mail sobre à son responsable RH. Elle indique son souhait d'ouvrir une discussion sur une éventuelle rupture conventionnelle et sollicite un entretien. Ce mail est parfaitement valable sur le plan juridique. Elle en conserve une copie et active une confirmation de lecture. Rien de plus à ce stade : la machine n'est pas encore lancée, le dialogue est simplement amorcé.
Étape 2 : l'entretien obligatoire (pas de mail possible)
L'article L. 1237-12 du Code du travail impose au moins un entretien physique ou en visioconférence entre l'employeur et le salarié. Cet entretien ne peut pas être remplacé par un échange de mails, aussi détaillé soit-il. Il doit permettre une discussion réelle sur le principe et les conditions de la rupture : date de cessation du contrat, montant de l'indemnité spécifique, éventuelles clauses annexes.
Le salarié peut se faire assister par une personne de son choix appartenant au personnel de l'entreprise ou, en l'absence d'institutions représentatives, par un conseiller du salarié inscrit sur une liste préfectorale. L'employeur doit informer le salarié de cette faculté avant l'entretien.
Étape 3 : la signature de la convention CERFA
La convention de rupture est matérialisée par le formulaire CERFA n°14598. Une fois rempli et signé par les deux parties, il fixe la date de rupture envisagée et le montant de l'indemnité. C'est ici que la question du mail devient critique : un simple échange de PDF scannés par mail ne présente pas les mêmes garanties qu'une signature manuscrite sur papier ou une signature électronique qualifiée au sens du règlement eIDAS.
Pour sécuriser cette étape, privilégiez la signature en présentiel ou par envoi postal en original. La signature électronique qualifiée (via un prestataire certifié) constitue une alternative légale, mais elle suppose un niveau de garantie élevé quant à l'identité du signataire. Un simple scan d'une signature manuscrite apposée sur un PDF, transmis par mail, pourrait être contesté en cas de litige.
Étape 4 : le délai de rétractation de 15 jours calendaires
Une fois la convention signée, un délai de rétractation de 15 jours calendaires commence à courir (article L. 1237-13 du Code du travail). Chaque partie peut se rétracter par courrier recommandé avec accusé de réception ou par remise en main propre contre décharge. Ce délai est d'ordre public : on ne peut pas y renoncer, le raccourcir ni le supprimer d'un commun accord.
📌 Important : une rétractation par simple mail n'est pas expressément prévue par les textes. La jurisprudence n'a pas tranché clairement la question. Pour éviter toute incertitude, utilisez la lettre recommandée avec AR pendant ce délai.
Étape 5 : l'homologation via TéléRC ou courrier DREETS
Le lendemain de l'expiration du délai de rétractation, l'employeur (et lui seul) peut soumettre la demande d'homologation à la DREETS. Deux voies existent : le téléservice TéléRC (telerc.travail.gouv.fr) ou l'envoi postal du formulaire CERFA complété et signé.
La DREETS dispose alors d'un délai d'instruction de 15 jours ouvrables (article L. 1237-14 du Code du travail). Passé ce délai sans réponse, l'homologation est réputée acquise : c'est le mécanisme du « silence vaut acceptation ». Marie peut donc compter environ trois semaines entre l'envoi du dossier et la validation implicite de sa rupture. La date de rupture effective ne peut pas être antérieure au lendemain du jour de l'homologation.
Ce que doit contenir un mail de demande de rupture conventionnelle
Rédiger un mail de demande de rupture conventionnelle ne s'improvise pas. Trop en dire peut nuire ; ne pas en dire assez peut rendre la demande confuse. Voici les mentions à inclure et celles à éviter pour un message efficace et juridiquement prudent.
La règle d'or : ce mail est un point de contact professionnel, pas un exutoire. Il doit permettre d'engager un dialogue sans fournir à votre employeur des arguments qui pourraient, plus tard, être utilisés contre vous.
Les mentions recommandées
Votre mail doit contenir, dans l'ordre :
- Une identification claire : prénom, nom, poste, service, ancienneté éventuelle.
- Un objet précis : « Demande de rupture conventionnelle : [Votre nom] ».
- La mention du contrat : référence au CDI en cours, éventuellement la date d'embauche.
- La sollicitation d'un entretien : « Je souhaiterais convenir d'un rendez-vous pour échanger sur cette possibilité. »
- Une formule de politesse neutre : ni obséquieuse ni distante.
Gardez une copie du mail envoyé. Activez si possible l'option « confirmation de lecture » et « accusé de réception » si votre messagerie le permet.
Ce qu'il vaut mieux ne pas écrire dans ce mail
Certains contenus sont à proscrire absolument dans ce mail. Voici ce qu'il vaut mieux taire :
- Les griefs personnels contre l'employeur, un manager ou des collègues : ils pourraient être retenus comme preuve d'un conflit, fragilisant votre position en cas de contentieux ultérieur.
- Les motifs de souffrance au travail, burn-out, harcèlement : si ces situations existent, elles relèvent d'une autre voie juridique (alerte, signalement, saisine du CSE, médecine du travail). Les mentionner dans un mail de rupture conventionnelle peut affaiblir la validité du consentement libre et éclairé exigé par la loi.
- Les arguments financiers trop détaillés : ne chiffrez pas seul le montant d'indemnité que vous attendez : cette discussion relève de l'entretien. Une prétention trop élevée ou trop basse formulée par écrit pourrait vous désavantager.
- Les menaces ou ultimatums : « Si vous refusez, je démissionnerai » ou « J'irai aux prud'hommes ». Ils dégradent le dialogue et peuvent vous être opposés.
Pour approfondir la rédaction de la convention elle-même, consultez notre modèle de lettre de rupture conventionnelle.
Modèle de mail de demande de rupture conventionnelle (salarié vers employeur)
Voici un modèle de mail sobre et réutilisable que vous pouvez adapter à votre situation. Il est conçu pour ouvrir le dialogue sans prendre d'engagement ni fournir d'éléments qui pourraient se retourner contre vous.
Objet : Demande de rupture conventionnelle : [Votre Prénom Nom]
Bonjour [Madame/Monsieur] [Nom du responsable ou du RH],
Dans le cadre de mon contrat à durée indéterminée conclu le [date d'embauche] et de mes fonctions actuelles de [votre poste], je souhaite solliciter un échange sur la possibilité d'une rupture conventionnelle.
Je vous propose que nous convenions d'un entretien à votre convenance afin d'aborder les modalités de cette éventuelle rupture d'un commun accord.
Je reste à votre disposition pour toute information complémentaire.
Cordialement,
[Votre Prénom Nom] [Votre numéro de téléphone]
Ce modèle épuré présente un double avantage : il atteste de votre démarche tout en restant strictement factuel. Pour la convention elle-même (formulaire CERFA n°14598), un document beaucoup plus détaillé est nécessaire : notre procédure complète de la rupture conventionnelle en 2026 vous guide pas à pas.
L'employeur est-il obligé de répondre à votre mail de rupture conventionnelle ?
L'erreur est classique, et ses conséquences peuvent être lourdes. Un salarié envoie un mail de demande de rupture conventionnelle. Une semaine passe, puis deux, puis trois. Aucune réponse. Le salarié interprète ce silence comme un refus implicite et, découragé, pose sa démission. Résultat : il perd le bénéfice de l'indemnité de rupture conventionnelle et, surtout, ses droits aux allocations chômage : la démission n'étant pas, sauf exceptions (démission légitime, démission-reconversion), une privation involontaire d'emploi ouvrant droit à l'ARE.
⚠️ Attention : en droit du travail, le silence ne vaut pas acceptation… mais il ne vaut pas non plus refus. Un employeur qui ne répond pas à votre mail n'a commis aucun manquement.
Aucune obligation légale de réponse : ce que cela implique
L'article L. 1237-11 du Code du travail ne crée aucune obligation de réponse à la charge de l'employeur au stade de la demande initiale. La rupture conventionnelle repose sur le consentement des deux parties. L'employeur est libre de ne pas donner suite, sans avoir à motiver sa décision ni même à la formaliser.
Ce vide juridique peut placer le salarié dans une situation inconfortable. Il ne sait pas s'il doit relancer, attendre, ou abandonner. La seule obligation légale qui pèse sur l'employeur concerne la convention elle-même : une fois signée, il doit la transmettre à la DREETS pour homologation. Mais tant que ce stade n'est pas atteint, rien ne le contraint.
En pratique, le silence prolongé de l'employeur traduit souvent un refus de facto. Il convient alors d'envisager d'autres options : poursuivre le dialogue par oral, solliciter une réponse formelle, ou se tourner vers une autre modalité de rupture (démission avec projet de reconversion, prise d'acte si des manquements graves existent, licenciement pour motif personnel négocié).
Comment sécuriser votre démarche malgré l'absence de réponse
Plusieurs précautions permettent de renforcer la portée de votre démarche :
- Activez les confirmations de lecture et accusés de réception sur votre messagerie. Ils prouvent que le mail a été délivré et, pour la confirmation de lecture, qu'il a été ouvert.
- Relancez à l'oral quelques jours après l'envoi. Un échange direct permet de tester la réceptivité de l'employeur sans attendre indéfiniment.
- Envoyez une copie à un second destinataire dans l'entreprise (responsable RH, directeur administratif) pour multiplier les canaux.
- Fixez-vous une limite dans le temps. Passé deux à trois semaines sans aucun retour, considérez que la voie de la rupture conventionnelle n'est probablement pas ouverte, et explorez sereinement d'autres options plutôt que de vous enfermer dans l'attente.
Pour comprendre les alternatives qui s'offrent à vous, notre comparatif licenciement ou rupture conventionnelle : que choisir détaille les avantages et risques de chaque option.
Puis-je envoyer la convention de rupture signée par mail ?
La question se pose souvent après un accord verbal : les deux parties sont d'accord, l'employeur remplit le CERFA, le scanne et l'envoie par mail au salarié, qui le signe, le scanne à son tour et le renvoie. Cette pratique est courante. Est-elle juridiquement solide ? La réponse est nuancée.
La convention CERFA n°14598 est un document contractuel qui matérialise l'engagement réciproque des parties. Sa valeur juridique dépend de la fiabilité du procédé de signature. Le Code du travail n'exclut pas expressément l'envoi par mail, mais il impose que la convention soit « signée » par les deux parties : et c'est bien la signature qui est l'acte juridique essentiel, pas le vecteur de transmission.
La signature électronique qualifiée : conditions
Le règlement européen eIDAS (n°910/2014) définit trois niveaux de signature électronique : simple, avancée et qualifiée. Seule la signature électronique qualifiée confère à un document dématérialisé la même valeur juridique qu'un écrit manuscrit sur support papier. Elle repose sur un certificat qualifié délivré par un prestataire de services de confiance agréé.
Pour signer une convention CERFA à distance avec une pleine valeur probante, il faut donc recourir à un service comme ceux proposés par des prestataires certifiés (ex. DocuSign avec certificat qualifié, Universign, Certigna). Ces outils garantissent l'identité du signataire, l'intégrité du document et l'horodatage de la signature.
La signature électronique « simple » (scan d'une signature manuscrite collée sur un PDF) ne bénéficie pas de la présomption de fiabilité attachée à la signature qualifiée. En cas de contestation devant le conseil de prud'hommes, c'est à celui qui s'en prévaut d'en prouver la validité.
Les risques d'un envoi par mail non sécurisé
L'envoi de la convention signée par simple mail avec PDF scanné expose à plusieurs fragilités :
- Contestation de la signature : un salarié pourrait ultérieurement nier avoir signé le document, et l'employeur aurait des difficultés à prouver le consentement.
- Refus d'homologation par la DREETS : bien que le service instructeur n'exige pas techniquement de signature électronique qualifiée pour TéléRC, une convention manifestement fragile sur le plan formel peut susciter des réserves.
- Altération du document : un PDF transmis par mail peut être modifié après signature par la première partie, sans garantie d'intégrité.
La prudence recommande donc, dans la mesure du possible, une double signature en présentiel ou un échange d'originaux par voie postale. Si la distance l'impose, la signature électronique qualifiée constitue la seule alternative sécurisée.
Comment envoyer une rupture conventionnelle en ligne via TéléRC
TéléRC (telerc.travail.gouv.fr) est le téléservice officiel de dépôt des demandes d'homologation des ruptures conventionnelles. Il ne faut pas le confondre avec un outil de gestion de la procédure dans son ensemble. TéléRC intervient à un moment précis et pour un objet unique : transmettre la convention CERFA déjà signée à l'administration du travail.
Ce service, mis en place par le ministère du Travail, permet une transmission dématérialisée et accélère le traitement par rapport à l'envoi postal. Mais son usage suppose que toutes les étapes antérieures aient été correctement réalisées.
TéléRC : à quelle étape intervient-il ?
TéléRC intervient après la signature de la convention et l'expiration du délai de rétractation de 15 jours calendaires. C'est exclusivement l'employeur (ou son mandataire) qui se connecte au téléservice et y dépose les documents requis :
- Le formulaire CERFA n°14598 dûment complété et signé.
- Le cas échéant, les pièces justificatives complémentaires.
Une fois le dossier déposé, la DREETS compétente (celle du lieu de l'établissement où travaille le salarié) dispose de 15 jours ouvrables pour instruire la demande. L'absence de réponse dans ce délai vaut homologation implicite. Le salarié peut suivre l'état d'avancement via un lien communiqué par l'employeur.
Pour un guide complet sur le calcul de vos droits, consultez notre article comment calculer votre indemnité de rupture conventionnelle.
Ce que TéléRC ne remplace pas
TéléRC est un outil de transmission administrative. Il ne remplace ni ne dispense :
- De l'entretien obligatoire entre l'employeur et le salarié. Aucune case à cocher sur TéléRC ne vaut discussion préalable.
- Du délai de rétractation de 15 jours calendaires. Le dépôt ne peut intervenir qu'à l'issue de ce délai.
- De la convention CERFA signée. TéléRC est le vecteur, pas le document lui-même.
- Du consentement libre et éclairé des deux parties. L'homologation ne valide pas un accord vicié.
En d'autres termes, TéléRC est la dernière étape administrative d'un processus qui reste fondamentalement humain et contractuel. La plateforme ne crée pas de droits supplémentaires, elle facilite simplement l'exercice de ceux déjà acquis.
Quels sont les pièges à éviter lors d'une rupture conventionnelle par mail ?
L'usage du mail dans une procédure de rupture conventionnelle est commode, mais il génère des zones de risque que la pratique révèle régulièrement. Voici les cinq pièges les plus fréquents, identifiés à partir des contentieux et des interrogations récurrentes des salariés.
- Confondre le mail de demande et la convention CERFA : le mail amorce un dialogue, rien de plus. Seul le formulaire CERFA n°14598 signé par les deux parties engage juridiquement. Un salarié qui croit avoir « officialisé » sa rupture par mail s'expose à une grande déconvenue si l'employeur nie avoir donné suite.
- Ne pas conserver de preuve de l'envoi : un mail envoyé depuis une messagerie professionnelle dont le salarié perd l'accès après son départ ne laisse aucune trace exploitable. Transférez-le sur votre messagerie personnelle, imprimez-le, conservez-en une copie numérique externe.
- Rédiger des griefs personnels dans le mail : « Je n'en peux plus de l'ambiance toxique », « Mon manager me harcèle ». Ces déclarations, écrites de votre main, pourraient être utilisées pour contester la validité de votre consentement ou requalifier la rupture. La rupture conventionnelle repose sur un accord libre ; des griefs trop explicites suggèrent un conflit sous-jacent incompatible avec ce cadre.
- Croire que l'échange de mails remplace l'entretien obligatoire : l'article L. 1237-12 impose au moins un entretien. Même si vous avez échangé quinze mails détaillés avec votre employeur, l'absence d'entretien peut entraîner le refus d'homologation ou, plus grave, la nullité de la convention.
- Envoyer la convention signée par simple PDF non sécurisé : sans signature électronique qualifiée, la valeur probante du document est affaiblie. En cas de contestation, prouver que la signature est bien celle de l'autre partie devient un exercice périlleux.
Pour une vue d'ensemble de la procédure, comment faire une demande de rupture conventionnelle détaille chaque formalité.
Fiche pratique
| Art. L. 1237-11 du Code du travail | Principe de la rupture conventionnelle : un ou plusieurs entretiens, accord mutuel, pas de formalisme pour la demande initiale. |
| Art. L. 1237-13 du Code du travail | Délai de rétractation : 15 jours calendaires à compter de la signature de la convention. |
| Art. L. 1237-14 du Code du travail | Homologation par la DREETS : instruction en 15 jours ouvrables. Silence gardé vaut acceptation. |
| Formulaire CERFA n°14598 | Convention de rupture à signer par les deux parties (signature manuscrite ou électronique qualifiée). |
| TéléRC | telerc.travail.gouv.fr : téléservice de dépôt de la demande d'homologation (accessible à l'employeur). |
| Juridiction compétente en cas de litige | Conseil de prud'hommes (délai de contestation : 12 mois à compter de l'homologation, art. L. 1237-14 al. 4). |
Sources
Ces éléments sont d'ordre général et ne sauraient remplacer une consultation juridique. Pour un cas précis, adressez-vous à un avocat ou à un professionnel du droit.
Questions pratiques
Comment envoyer ma rupture conventionnelle ?
La demande initiale peut être faite par mail, à l'oral ou par courrier simple (l'article L. 1237-11 du Code du travail n'impose aucun formalisme). Ensuite, un entretien obligatoire doit avoir lieu, la convention CERFA n°14598 doit être signée (manuscritement ou par signature électronique qualifiée), puis l'employeur soumet la demande d'homologation à la DREETS via le téléservice TéléRC. Chaque étape obéit à des règles distinctes.
Comment envoyer une rupture conventionnelle en ligne ?
L'homologation de la rupture conventionnelle se fait en ligne via le téléservice TéléRC (telerc.travail.gouv.fr). C'est l'employeur qui effectue cette démarche, après la signature de la convention CERFA et l'expiration du délai de rétractation de 15 jours calendaires. Le salarié ne peut pas saisir TéléRC seul. La DREETS dispose ensuite de 15 jours ouvrables pour instruire la demande (article L. 1237-14 du Code du travail).
Est-il possible de demander une rupture conventionnelle par mail ?
Oui. Aucun formalisme n'est imposé par l'article L. 1237-11 du Code du travail pour la demande initiale. Le mail constitue un écrit daté et traçable, ce qui présente un avantage probatoire en cas de litige ultérieur. Attention toutefois : si l'employeur ignore ce mail, aucune obligation légale ne le contraint à y répondre.
Quels sont les pièges à éviter lors d'une rupture conventionnelle ?
Les cinq pièges majeurs sont : confondre la demande initiale et la convention signée (seule la convention CERFA vaut engagement), ne pas conserver de preuve d'envoi du mail, écrire des griefs personnels susceptibles d'être retenus contre vous, croire que le mail remplace l'entretien obligatoire, et envoyer la convention signée par simple PDF scanné sans signature électronique qualifiée. Chacun peut entraîner la nullité de la procédure ou compromettre vos droits.
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