
Indemnisation chômage après une rupture conventionnelle : droits, calcul
Rupture conventionnelle et chômage : conditions d'accès à l'ARE, formule de calcul, délai de carence et durée d'indemnisation. Guide juridique 2026 clair

La rupture conventionnelle ouvre droit à l'Allocation de Retour à l'Emploi (ARE), contrairement à la démission. Le montant est calculé selon la formule la plus favorable entre 40,4 % du salaire journalier de référence (SJR) + 13,18 €, ou 57 % du SJR (données France Travail, 2026). Le premier versement intervient après un délai de carence de 7 jours et deux différés d'indemnisation pouvant repousser le paiement de plusieurs semaines.
La rupture conventionnelle ouvre droit à l'indemnisation chômage. Contrairement à une idée répandue, ce n'est pas une démission déguisée : le salarié qui signe une rupture conventionnelle homologuée par la DREETS accède à l'Allocation de Retour à l'Emploi (ARE) dans les mêmes conditions qu'un licenciement. Encore faut-il comprendre comment le montant est calculé, quand les premiers versements arrivent sur votre compte et combien de temps ils dureront. Trois questions auxquelles ce guide répond de façon concrète, avec un cas pratique chiffré et l'alerte sur les pièges qui retardent le premier paiement.
Rupture conventionnelle et chômage : avez-vous droit à l'ARE ?
Oui, la rupture conventionnelle ouvre droit à l'Allocation de Retour à l'Emploi (ARE). C'est l'un des modes de rupture du contrat de travail expressément visés par la réglementation de l'assurance chômage. La rupture conventionnelle, encadrée par les articles L. 1237-11 à L. 1237-16 du Code du travail, se distingue radicalement de la démission : elle résulte d'un accord entre l'employeur et le salarié, soumis à homologation par la DREETS. Cette homologation lui confère un statut juridique proche du licenciement pour l'accès aux droits sociaux.
Pour bénéficier de l'ARE, trois conditions cumulatives doivent être remplies. La perte d'emploi doit être involontaire : la rupture conventionnelle remplit ce critère. Le salarié doit justifier d'une durée d'affiliation minimale. Il doit enfin être inscrit comme demandeur d'emploi à France Travail et résider sur le territoire français.
Le calcul de l'indemnité de rupture conventionnelle est une question distincte : cette indemnité, versée par l'employeur au moment de la rupture, n'a rien à voir avec l'ARE versée ensuite par France Travail. Les deux montants obéissent à des logiques de calcul complètement différentes.
La rupture conventionnelle : une rupture ouvrant droit à l'ARE
La rupture conventionnelle individuelle, créée par la loi du 25 juin 2008, est prévue aux articles L. 1237-11 et suivants du Code du travail. Elle permet à l'employeur et au salarié en CDI de convenir ensemble des conditions de cessation du contrat. Une fois la convention homologuée par la DREETS, le salarié perçoit une indemnité spécifique de rupture : au moins égale à l'indemnité légale de licenciement : et peut s'inscrire à France Travail pour bénéficier de l'ARE.
La réglementation de l'assurance chômage, définie par l'Unédic et agréée par l'État, traite la rupture conventionnelle comme une perte involontaire d'emploi. Elle figure dans la liste des fins de contrat de travail ouvrant droit aux allocations, à la différence notable de la démission qui, sauf cas de démission légitime, ne donne pas accès à l'ARE. C'est un point central à garder en tête si vous hésitez entre ces deux modes de rupture.
Les conditions d'affiliation : durée minimale travaillée
Pour prétendre à l'ARE, vous devez justifier d'une durée minimale d'affiliation à l'assurance chômage. Cette durée s'apprécie en jours ou en heures travaillés au cours des 24 derniers mois (36 mois pour les salariés d'au moins 53 ans à la date de fin de contrat). Selon la réglementation en vigueur (Unédic, 2026), la condition est de 130 jours travaillés ou 910 heures sur la période de référence.
Les périodes assimilées : congés maladie, maternité, adoption : sont prises en compte dans ce décompte. Si vous étiez en CDD ou en intérim avant votre CDI, les périodes travaillées sous ces statuts comptent également, dès lors qu'elles se situent dans la fenêtre de référence. Un salarié qui aurait travaillé moins de 6 mois cumulés sur les 2 dernières années pourrait ne pas atteindre ce seuil et se voir refuser l'ARE, même après une rupture conventionnelle parfaitement homologuée.
S'inscrire à France Travail : la première démarche
L'inscription à France Travail conditionne le versement de l'ARE. Elle doit intervenir dans les 12 mois suivant la rupture du contrat de travail. Passé ce délai, le droit à l'allocation est perdu, même si vous remplissez toutes les autres conditions.
L'inscription se fait en ligne sur francetravail.fr ou dans une agence. Vous devez fournir plusieurs documents : l'attestation employeur remise lors de la rupture (indispensable pour le calcul du SJR), la convention de rupture conventionnelle homologuée (formulaire Cerfa), vos bulletins de salaire des 12 derniers mois, un RIB et une pièce d'identité. L'actualisation mensuelle de votre situation reste obligatoire pendant toute la durée d'indemnisation, sous peine de suspension des versements.
Comment est calculé le montant du chômage après une rupture conventionnelle ?
Le montant de l'ARE n'est pas forfaitaire. Il dépend de votre salaire journalier de référence (SJR), lui-même calculé à partir de vos rémunérations passées. France Travail applique ensuite deux formules de calcul et retient celle qui vous est la plus favorable. Le résultat est un montant journalier brut, qui détermine ce que vous percevrez chaque mois.
Le mécanisme est le même que pour un licenciement : la rupture conventionnelle ne bénéficie d'aucun traitement particulier dans le calcul de l'ARE. Ce qui distingue votre situation, c'est l'existence du différé d'indemnisation spécifique (voir la section suivante), qui peut retarder le déclenchement des versements sans en modifier le montant.
À titre indicatif, les montants présentés ci-dessous correspondent à une simulation. Votre allocation réelle dépend de votre SJR, calculé par France Travail sur la base de l'attestation employeur.
Le Salaire Journalier de Référence (SJR) : définition et mode de calcul
Le SJR est la brique de base du calcul de l'ARE. Il correspond au salaire brut annuel de référence divisé par le nombre de jours calendaires de la période de référence. Concrètement, France Travail retient les rémunérations brutes des 24 derniers mois (ou 36 mois pour les 53 ans et plus) et divise le total par le nombre de jours compris dans cette période, déduction faite des jours non travaillés mais rémunérés (congés payés, maladie, etc.).
Un salarié qui aurait perçu 2 400 € brut par mois sur les 12 derniers mois verrait son SJR approximativement fixé à : 2 400 × 12 / 365 jours = 78,90 € environ. Cette valeur est déterminante : plus le SJR est élevé, plus l'ARE sera élevée, dans la limite des planchers et plafonds réglementaires. L'attestation employeur que vous remet votre employeur à la rupture est le document qui permet ce calcul.
Les deux formules de l'ARE : laquelle s'applique ?
France Travail applique systématiquement deux formules et retient le résultat le plus élevé :
- Formule A : 40,4 % du SJR + une partie fixe de 13,18 € par jour (source : France Travail / Unédic, 2026)
- Formule B : 57 % du SJR
L'allocation ne peut pas descendre en dessous de 32,13 € par jour (allocation minimale), ni dépasser 75 % du SJR. La différence entre les deux formules peut sembler mince, mais sur une durée d'indemnisation de 15 ou 20 mois, l'écart représente plusieurs centaines d'euros.
En pratique, la formule A est souvent plus favorable pour les salaires modestes et moyens, grâce à la partie fixe de 13,18 €. La formule B prend l'avantage pour les SJR élevés, là où les 57 % du SJR dépassent les 40,4 % + partie fixe. France Travail réalise ce calcul automatiquement : vous n'avez aucune option à choisir.
Cas pratique chiffré : simulation pas à pas
Prenons un cas concret : un salarié en CDI depuis 8 ans, rémunéré 2 400 € brut par mois, qui signe une rupture conventionnelle homologuée en mars 2026. Son employeur lui verse une indemnité spécifique de rupture de 6 000 €, dont 4 000 € correspondent à l'indemnité légale et 2 000 € d'indemnité supra-légale.
Étape 1 : le SJR : 28 800 € de salaire brut annuel ÷ 365 jours = 78,90 €.
Étape 2 : les deux formules :
- Formule A : 40,4 % × 78,90 € + 13,18 € = 31,88 € + 13,18 € = 45,06 €/jour
- Formule B : 57 % × 78,90 € = 44,97 €/jour
La formule A est retenue, soit 45,06 € brut par jour.
Étape 3 : le montant mensuel estimé : 45,06 € × 30 jours = environ 1 352 € brut. Après prélèvements sociaux (CSG/CRDS), le net mensuel avoisine 1 200 €.
Ce montant reste indicatif. Il variera selon votre SJR exact, calculé par France Travail d'après l'attestation employeur. Retrouvez le détail du calcul de l'indemnité de rupture conventionnelle pour distinguer ce que verse l'employeur de ce que verse France Travail.
L'essentiel
- La rupture conventionnelle homologuée ouvre droit à l'ARE dans les mêmes conditions qu'un licenciement, contrairement à une démission classique
- Le montant de l'ARE résulte de deux formules (40,4 % du SJR + 13,18 €, ou 57 % du SJR) : France Travail applique automatiquement la plus favorable
- Le cumul du délai de carence (7 jours), du différé congés payés (max 30 jours) et du différé spécifique (max 150 jours) peut repousser le premier versement de 6 à 10 semaines
- La durée maximale d'indemnisation est de 15 mois pour les moins de 55 ans (20 mois dans certains cas) et de 20,5 mois pour les 55 ans et plus
- L'inscription à France Travail dans les 12 mois suivant la rupture est impérative : au-delà, les droits à l'ARE sont définitivement perdus
Quel délai pour toucher le chômage après une rupture conventionnelle ?
Le premier versement de l'ARE n'intervient pas le lendemain de la rupture. Trois délais se cumulent et peuvent repousser le paiement de plusieurs semaines, parfois de deux à trois mois. Les anticiper vous évite une rupture de trésorerie.
Le mécanisme est le suivant : un délai d'attente fixe de 7 jours, un différé d'indemnisation congés payés proportionnel aux indemnités compensatrices perçues, et un différé d'indemnisation spécifique propre aux ruptures conventionnelles (et aux licenciements) lorsque l'employeur verse une indemnité supra-légale. Ces trois périodes ne sont pas indemnisées. Elles décalent d'autant le point de départ de votre indemnisation.
La réglementation 2026 fixe le diviseur du différé spécifique à 111,8 (contre 91 auparavant), ce qui réduit mécaniquement le nombre de jours de différé pour un même montant d'indemnité supra-légale. Reste que le piège existe toujours pour les salariés qui touchent une indemnité de rupture conséquente.
Le délai de carence de 7 jours : point de départ obligatoire
Les 7 jours de délai d'attente sont incompressibles. Ils courent à compter de la date d'inscription à France Travail, une fois tous les différés écoulés. Peu importe le motif de la rupture ou le montant de l'indemnité perçue : ces 7 jours s'appliquent à tous les allocataires.
Concrètement, si votre inscription est validée le 1er avril et que tous vos différés sont déjà purgés, le délai de carence court du 1er au 7 avril. Le premier jour indemnisable est le 8 avril. Ce délai ne se cumule pas avec les différés : il démarre après eux. Autrement dit, les 7 jours s'ajoutent toujours en fin de parcours.
Le différé d'indemnisation spécifique : le vrai piège de la rupture conventionnelle
Le différé d'indemnisation spécifique s'applique lorsque l'indemnité de rupture versée par l'employeur dépasse le minimum légal ou conventionnel. La formule est simple : indemnité supra-légale ÷ 111,8 (diviseur 2026) = nombre de jours de différé, dans la limite de 150 jours.
Reprenons notre cas pratique : le salarié perçoit 2 000 € d'indemnité supra-légale. Le différé spécifique est de 2 000 ÷ 111,8 = 18 jours. Avec une indemnité supra-légale de 10 000 €, ce différé grimperait à 89 jours : près de 3 mois sans allocation.
À cela s'ajoute le différé congés payés : indemnité compensatrice de congés payés ÷ SJR = nombre de jours de différé, plafonné à 30 jours. Dans notre exemple, avec 1 500 € d'ICCP et un SJR de 78,90 € : 1 500 ÷ 78,90 = 19 jours. Le cumul donne 7 jours de carence + 18 jours de différé spécifique + 19 jours de différé congés payés = 44 jours avant le premier versement.
Erreur courante : sous-estimer le délai avant le premier versement
L'erreur classique consiste à penser que le chômage tombe sitôt la rupture signée. Un salarié qui quitte son poste le 31 mars et s'inscrit à France Travail le 2 avril peut ne percevoir son premier versement que mi-mai, voire fin juin si les différés sont importants.
La conséquence est une rupture de trésorerie. Pendant 4 à 10 semaines, aucun revenu ne remplace le salaire : ni salaire (le contrat est rompu), ni ARE (les différés ne sont pas indemnisés), ni indemnité employeur (elle a déjà été versée, souvent consommée pour solder des dettes ou financer la transition).
La parade : constituer une épargne tampon équivalente à deux ou trois mois de charges fixes avant de signer la rupture conventionnelle. C'est un conseil de prudence, pas une obligation légale. Pour une vue complète de vos droits, consultez notre guide sur les droits au chômage après une rupture conventionnelle en 2026.
Le différé d'indemnisation congés payés
Moins connu que le différé spécifique, le différé congés payés résulte de l'indemnité compensatrice de congés payés (ICCP) versée par l'employeur au moment de la rupture. Le calcul est direct : montant de l'ICCP ÷ SJR = nombre de jours de différé, plafonné à 30 jours.
Si vous aviez accumulé beaucoup de congés non pris, l'ICCP peut être élevée et allonger d'autant ce différé. À l'inverse, un salarié ayant soldé tous ses congés avant la rupture aura une ICCP faible, voire nulle, et un différé congés payés réduit ou inexistant. Ce paramètre est souvent négligé dans les négociations de rupture, alors qu'il impacte directement le calendrier des premiers versements.
Rupture conventionnelle chômage 2026 : quelle durée d'indemnisation ?
La durée pendant laquelle vous percevrez l'ARE dépend de deux facteurs : votre durée d'affiliation et votre âge à la date de fin du contrat. Plus vous avez travaillé longtemps, plus la durée d'indemnisation est longue : dans la limite des plafonds réglementaires. L'âge joue un rôle déterminant : les règles applicables aux 55 ans et plus diffèrent sensiblement de celles des moins de 55 ans.
Depuis le 1er septembre 2025, une réforme a modifié les durées maximales pour les seniors. La réglementation 2026 stabilise ces nouvelles règles. Si vous approchez de cet âge charnière, quelques mois de différence sur la date de rupture peuvent modifier significativement votre durée d'indemnisation. Anticipez ce paramètre lors de la négociation de la date de fin de contrat.
Le détail des changements 2026 pour le chômage après rupture conventionnelle est à connaître avant de fixer le calendrier de votre rupture.
Durée d'indemnisation selon l'âge : moins de 55 ans vs 55 ans et plus
Pour les allocataires de moins de 55 ans à la date de fin de contrat, la durée maximale d'indemnisation est de 15 mois (France Travail, 2026). Dans certains cas, cette durée peut atteindre 20 mois si la durée d'affiliation le permet : notamment pour les salariés ayant travaillé plus de 24 mois sur les 28 derniers mois.
Pour les allocataires de 55 ans et plus, la durée maximale est fixée à 20,5 mois (service-public.fr, 2026). Cette réduction : la durée était auparavant de 22,5 mois pour les 55-56 ans et 27 mois pour les 57 ans et plus : est entrée en vigueur le 1er septembre 2025 et reste applicable en 2026.
La durée réelle d'indemnisation est égale à la durée d'affiliation, dans la limite de ces plafonds. Un salarié de 42 ans ayant travaillé 18 mois sur les 24 derniers mois sera indemnisé 18 mois. Le même salarié, s'il avait travaillé 30 mois, serait plafonné à 15 ou 20 mois selon sa situation.
Ce qui change en 2026 pour la durée d'indemnisation
L'année 2026 ne marque pas une nouvelle réforme : elle consolide les règles entrées en vigueur le 1er septembre 2025. Le changement principal concerne les seniors de 55 ans et plus, dont la durée maximale passe de 22,5 ou 27 mois à un plafond unique de 20,5 mois.
Pour les moins de 55 ans, la structure reste inchangée : 15 mois de plafond standard, extensible à 20 mois sous condition d'affiliation renforcée. Les conditions d'affiliation elles-mêmes : 130 jours ou 910 heures sur 24 mois (36 mois dès 53 ans) : demeurent stables.
Cette convergence des durées maximales entre les tranches d'âge réduit l'avantage comparatif dont bénéficiaient les seniors. Anticiper ce paramètre lors de la négociation d'une rupture conventionnelle est d'autant plus crucial si vous avez entre 53 et 55 ans : la date de fin de contrat détermine votre rattachement à l'ancien ou au nouveau régime.
Chômage à 58 ans après rupture conventionnelle : règles spécifiques
À 58 ans, la rupture conventionnelle ouvre droit à l'ARE dans les conditions de la tranche « 55 ans et plus ». La durée maximale est donc de 20,5 mois. Mais d'autres règles spécifiques s'appliquent aux seniors.
La période de référence pour le calcul du SJR est élargie à 36 mois (au lieu de 24) pour les allocataires d'au moins 53 ans. Cette fenêtre plus longue prend en compte davantage de rémunérations et peut atténuer l'impact d'une baisse de salaire en fin de carrière. Le SJR s'en trouve parfois plus favorable.
Autre particularité : le maintien de l'ARE jusqu'à l'âge de la retraite à taux plein est possible sous conditions, notamment pour les allocataires justifiant d'une durée d'assurance suffisante. Ce dispositif, distinct de la durée maximale légale, permet de percevoir l'allocation au-delà des 20,5 mois jusqu'à liquidation des droits à la retraite, sous réserve de validation par France Travail.
Quels sont mes droits après une rupture conventionnelle ?
Au-delà de l'ARE, plusieurs droits connexes s'articulent autour de la rupture conventionnelle. Le salarié conserve ses droits à la formation, peut bénéficier d'aides à la mobilité et à la reprise d'emploi, et doit accomplir un certain nombre de démarches administratives pour activer l'ensemble de ces dispositifs.
L'indemnité spécifique de rupture conventionnelle, versée par l'employeur, reste la première ressource financière après la rupture. Rappelons qu'elle ne peut être inférieure à l'indemnité légale de licenciement : 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, puis 1/3 de mois au-delà (art. L. 1237-13 du Code du travail). Cette indemnité est distincte de l'ARE, tant dans son montant que dans son fait générateur.
Pour une vision complète de la chronologie administrative, le guide sur la procédure de rupture conventionnelle en 2026 détaille chaque étape, de la signature de la convention à l'homologation par la DREETS.
ARE, formation et aide à la mobilité : le panorama des droits
L'ARE constitue le droit principal, mais pas le seul. Le Compte Personnel de Formation (CPF) reste mobilisable après la rupture. Depuis le 2 avril 2026, une participation forfaitaire de 150 € est due pour toute formation financée via le CPF, sauf pour les demandeurs d'emploi qui en sont exonérés. Vous pouvez donc utiliser vos droits CPF sans reste à charge.
France Travail propose aussi l'Aide à la Mobilité, destinée à financer les frais de déplacement ou de double résidence liés à une reprise d'emploi éloignée, et l'Aide au Retour à l'Emploi, qui peut prendre la forme d'un accompagnement renforcé. Ces dispositifs sont accessibles dès l'inscription et ne sont pas conditionnés au versement effectif de l'ARE.
Enfin, le salarié en rupture conventionnelle conserve ses droits à la couverture santé (maintien temporaire ou bascule vers la Complémentaire santé solidaire selon les ressources) et ses droits à la retraite (validation de trimestres via l'ARE).
Les démarches pratiques pour activer ses droits
L'activation des droits suit une chronologie précise. Dès la rupture, rassemblez les documents indispensables :
- L'attestation employeur destinée à France Travail, remise par l'employeur au dernier jour du contrat
- La convention de rupture conventionnelle homologuée (formulaire Cerfa n° 14598*01), avec l'accusé de réception de la DREETS
- Les bulletins de salaire des 12 derniers mois
- Un relevé d'identité bancaire et une pièce d'identité
L'inscription à France Travail doit être réalisée dans les 12 mois suivant la rupture. Passé ce délai, le droit à l'ARE est perdu. Une fois inscrit, vous devez actualiser votre situation chaque mois, sous peine de suspension des versements. Le non-respect de cette obligation est la première cause de radiation et d'interruption de l'indemnisation.
Sources
Fiche pratique
| Cadre légal | Articles L. 1237-11 à L. 1237-16 du Code du travail (rupture conventionnelle) ; réglementation d'assurance chômage agréée par l'État (Unédic, 2026) |
| Conditions d'éligibilité à l'ARE | Perte involontaire d'emploi (rupture conventionnelle = oui) ; 130 jours ou 910 heures d'affiliation sur 24 mois (36 mois dès 53 ans) ; inscription à France Travail ; résidence en France |
| Formule ARE (la plus favorable retenue) | Formule A : 40,4 % du SJR + 13,18 €/jour ; Formule B : 57 % du SJR |
| Planchers et plafonds ARE | Allocation minimale : 32,13 €/jour ; plafond : 75 % du SJR |
| Délai de carence | 7 jours incompressibles après épuisement des différés |
| Différé congés payés | ICPC ÷ SJR (plafonné à 30 jours) |
| Différé spécifique (rupture conventionnelle) | Indemnité supra-légale ÷ 111,8 (plafonné à 150 jours) |
| Durée maximale d'indemnisation | Moins de 55 ans : 15 mois (20 mois cas particuliers) ; 55 ans et plus : 20,5 mois |
| Organisme compétent | France Travail (inscription, calcul et versement de l'ARE) |
| Juridiction en cas de litige | Conseil de prud'hommes pour les contestations relatives à la validité de la rupture conventionnelle ; tribunal judiciaire pour les litiges relatifs au versement de l'ARE |
| Délai d'inscription | 12 mois à compter de la rupture du contrat de travail |
Ces éléments sont d'ordre général et ne sauraient remplacer une consultation juridique. Pour un cas précis, adressez-vous à un avocat ou à un professionnel du droit.
Questions pratiques
Comment est calculé le montant du chômage après une rupture conventionnelle ?
Le montant de l'ARE est calculé à partir du Salaire Journalier de Référence (SJR), lui-même déterminé par les rémunérations brutes des 24 ou 36 derniers mois. France Travail applique deux formules et retient la plus favorable : soit 40,4 % du SJR + 13,18 € par jour, soit 57 % du SJR. L'allocation ne peut être inférieure à 32,13 €/jour ni supérieure à 75 % du SJR (données France Travail/Unédic, 2026).
Quelle indemnité chômage après une rupture conventionnelle ?
L'indemnité chômage : l'ARE : après une rupture conventionnelle varie selon le SJR du salarié. À titre indicatif, un salarié ayant perçu 2 400 € brut par mois peut toucher environ 45 € brut par jour, soit 1 350 € brut par mois. Ce montant est indicatif : votre allocation réelle dépend de votre SJR exact, calculé par France Travail. L'indemnité spécifique de rupture conventionnelle versée par l'employeur est une somme distincte, au moins égale à l'indemnité légale de licenciement.
Quelle somme touche-t-on pour une rupture conventionnelle ?
Deux sommes distinctes sont à distinguer. D'une part, l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle versée par l'employeur au moment du départ : elle ne peut être inférieure à l'indemnité légale de licenciement (1/4 de mois par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, 1/3 au-delà). D'autre part, l'ARE versée mensuellement par France Travail après la rupture, calculée selon les formules 40,4 % du SJR + 13,18 € ou 57 % du SJR.
Quels sont mes droits après une rupture conventionnelle ?
Après une rupture conventionnelle homologuée, vous avez droit à l'ARE (allocation chômage), au maintien de vos droits au CPF (exonéré de la participation forfaitaire de 150 € en tant que demandeur d'emploi), à l'Aide à la Mobilité et à l'Aide au Retour à l'Emploi proposées par France Travail. Vous conservez également vos droits à la couverture santé et validez des trimestres de retraite via les périodes indemnisées. L'inscription à France Travail doit intervenir dans les 12 mois suivant la rupture.
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